Comment valoriser une start-up ? Partie 2/4 : Différence entre valeur estimée et prix

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Par Frédéric de Laminne, Value for Growth

L’exercice de valorisation d’une entreprise n’est pas une science exacte : il n’y a pas de valeur indiscutable et la seule vraie valeur sera celle qui donnera lieu à une transaction puisqu’elle sera acceptée aussi bien par le vendeur que par l’acheteur. Or, il peut y avoir une différence entre la valeur estimée d’une société et le prix payé par un acheteur. En effet, plusieurs facteurs externes à la société peuvent influencer à la hausse ou à la baisse le prix qu’un acheteur est disposé à payer par rapport à la valeur objective de la société :

    • valorisation de synergies à mettre en place en combinant l’entreprise avec une autre ;
    • élimination d’un concurrent ;
    • prime de contrôle pour celui qui acquiert le contrôle de la société (voir le point suivant).

– Quelle est la différence entre la participation minoritaire et la participation de contrôle ?

La valorisation dépendra de l’importance de la participation. L’actionnaire majoritaire a la capacité d’influer sur le management et sur la stratégie de la société : il peut être prêt à payer une certaine prime de contrôle, contrairement au minoritaire qui appliquera une décote par rapport à une certaine valeur théorique. Selon certaines études[1], la prime de contrôle fluctue entre 29 % et 32 %.

– Performances historiques et prospectives

Les méthodes de valorisation se basent sur les performances historiques de la société (telles que reflétées dans la comptabilité, avec parfois certains redressements) et/ou sur des projections effectuées pour les futurs exercices.

Les méthodes prospectives sont théoriquement les plus appropriées : peu importe le passé, ce qui compte c’est le futur ! Par exemple, une entreprise (de software ou de biotechnologie) qui, après des années de recherches, met au point un produit prometteur peut être valorisée à des montants sans commune mesure avec ce que l’évolution historique de ses comptes pourrait laisser entrevoir.

Cependant, l’utilisation de méthodes prospectives de valorisation exige un important travail pour la détermination des estimations : idéalement, il faudrait se projeter aussi loin que possible dans le futur, ce qui ne peut qu’augmenter l’incertitude. Elles sont donc sujettes à caution puisque nul ne peut prévoir l’avenir.

Les méthodes prospectives sont régulièrement utilisées lors d’évènements importants tels que la mise en bourse d’une entreprise : l’organisme extérieur chargé de l’estimation de valeur (typiquement la banque d’affaires) effectuera des projections sur la base des estimations de la société et les confrontera avec sa propre expérience du secteur. Seuls les investisseurs convaincus par le résultat de ces calculs accepteront le prix proposé.

Une telle méthode est difficilement applicable dans une vente de gré à gré car, outre la difficulté d’effectuer des estimations sur l’évolution de la marche des affaires quand on ne se trouve pas dans la société, les projections de l’acheteur seront systématiquement jugées trop prudentes par le vendeur.

Afin d’objectiver le débat et de réduire les discussions, il est donc préférable de se baser sur des méthodes n’utilisant que des chiffres historiques ou de limiter les projections à un nombre limité d’années. De toute manière, en cas de cession, le nouvel actionnaire aura beau jeu d’attribuer la bonne marche des affaires à sa bonne gestion.

Après une rapide présentation des méthodes historiques et des méthodes prospectives, une méthode hybride sera proposée, particulièrement adaptée à la valorisation d’une start-up.

Cet article vous a intéressé ? Consultez aussi :

Comment valoriser une start-up? Introduction Partie1/4

Comment valoriser une start-up? Les méthodes historiques Partie 3/4

Comment valoriser une start-up? (4/4): les méthodes prospectives

Qu’est-ce que le tax shelter ou comment investir dans une start-up avec un avantage fiscal? 

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[1] Société Française des Evaluateurs: Groupe de travail: Primes et décotes dans le cadre des évaluations financières

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