Secteur de la gestion : périls en vue!

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Récemment, le célèbre hebdomadaire The Economist passait en revue les défis auxquels est confronté le secteur de la gestion et plus particulièrement celui de la gestion active. Nous avons déjà évoqué à maintes reprises ces nouvelles donnes mais il semblerait que cette manne à laquelle le secteur s’est habitué depuis des décennies risque de s’éroder assez rapidement.

Quels sont ces principaux risques ? L’environnement des marchés financiers délivre des rendements assez faibles : taux d’intérêt au plancher, … Par ailleurs, les revenus de cette industrie sont mis sous pression. En effet, la concurrence accrue en provenance des produits en gestion passive (trackers ou fonds indiciels) pousse les commissions prélevées en gestion active à la baisse. Les grandes maisons qui gèrent des fonds indiciels, comme Vanguard par exemple, arrivent à diminuer les frais de gestion à des niveaux très bas grâce aux économies d’échelle qu’elles réalisent. Vanguard a ainsi drainé plus de la moitié des flux entrants en gestion l’année passée.

La plupart des gestionnaires actifs disent pouvoir battre le marché en choisissant systématiquement des valeurs de bonne qualité, sous-évaluées ou des actions délivrant des dividendes élevés. Ils mettent en avant la qualité de leur expertise. De ce côté aussi les défis sont bien présents avec le développement d’algorithmes qui permettent de rassembler, d’analyser et de traiter un flux important d’informations pour délivrer ensuite une gestion de portefeuille à coûts réduits. Les robots de gestion sont des outils qui s’affinent et qui délivrent une gestion de qualité accessible à une clientèle plus large, plus jeune et généralement qualifiée d’affluente.

Les régulations vont également venir percuter le secteur de la gestion. Les nouvelles règles imposées par MiFID II vont supprimer les rétrocessions de frais de gestion payées par les émetteurs de fonds à ceux qui les commercialisent. Les grands fonds passifs ne se sont pas inscrits dans cette logique de marché mais les fonds actifs vont devoir revoir leur stratégie en fonction de ces nouvelles réglementations.

Certaines maisons de gestion accusent une baisse de leur flux en gestion privée mais voient leur clientèle institutionnelle croître. Il faut être conscient que la clientèle institutionnelle (fonds de pension, compagnies d’assurance, …) bénéficie de tarifs en gestion beaucoup plus faibles que ceux appliqués à la clientèle privée et ce, aussi bien lors de l’achat de fonds que dans la gestion de portefeuille. Dans le secteur de la gestion institutionnelle, on voit d’ailleurs une concentration des mandats de gestion aux mains de grands groupes d’asset management qui peuvent également assurer l’administration des opérations de ces institutionnels. On assiste aussi à une consolidation dans ce secteur : la société anglo-australienne Henderson vient ainsi de fusionner avec l’américain Janus.

Un autre facteur est également  à considérer : les baby boomers arrivent à l’âge de la pension. Mieux éduqués et plus familiers que leurs parents aux matières financières, ils gèrent leurs avoirs souvent sans accompagnement ou se tournent, comme la jeune génération, vers des solutions en ligne. Ils privilégient souvent des fonds investis à la fois en actions et en obligations (fonds patrimoniaux).

Les secteurs de la gestion des fonds actifs et de la gestion discrétionnaire ont donc du souci à se faire. Ces secteurs doivent se réinventer face à la disruption en cours. Les clients, quant à eux, n’attendent pas pour comparer les prix et les performances réalisées face aux coûts qu’engendre la gestion active. Ils votent… avec leurs pieds.

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