Le surendettement planétaire toujours plus tôt

Par Degroof Petercam

A partir de ce mercredi 2 août, nous vivrons à crédit sur notre planète, c’est-à-dire que nous aurons consommé en à peine 8 mois autant de ressources naturelles que ce que la Terre peut renouveler durant l’année entière.

Le jour du dépassement (« earth overshoot day ») calcule depuis 1986 le jour de l’année à partir duquel nous avons consommé l’ensemble des ressources naturelles produites par la planète pour une année, sur base de plus de 6.000 données essentiellement issues des Nations Unies.

Toujours plus tôt

Depuis le premier calcul par l’ONG Global Footprint Network en 1986, le jour du dépassement n’a eu de cesse d’avancer avec un surendettement toujours plus important.

1986 1990 1995 2000 2005 2010 2015 2017
1/11 13/10 7/10 25/9 29/8 14/8 9/8 2/8

 

Nos comportements de consommation mondiale requièrent aujourd’hui l’équivalent des ressources naturelles produites par 1,7 planète par an. Pénuries d’eau et désertification, érosion des sols, amoindrissement de la biodiversité et disparition croissante des espèces : les coûts d’un tel surendettement sont visibles au quotidien.

Move the date

Malgré le fait que cette date ait ralenti depuis 2005 et que les populations soient de plus en plus conscientisées à la problématique des limites des ressources naturelles, Global Footprint Network encourage à déplacer cette date grâce à son action #movethedate. Cependant, les efforts devraient être multipliés par 5 pour avoir un recul de la date de dépassement.

Aujourd’hui, les émissions carbone sont responsables de 60 % de l’empreinte écologique d’un pays. En réduisant par deux les émissions totales, nous pourrions gagner 89 jours et réduire notre surendettement à 1,2 planète. C’est d’ailleurs un des enjeux de l’Accord quasi planétaire de Paris en décembre 2015 qui, malgré le récent retrait des Etats-Unis, continue sa lutte contre le réchauffement climatique, appuyé par des centaines d’Etats, entreprises et partenaires.

Energie et agriculture

L’énergie joue évidemment un rôle important dans la réduction des émissions carbone. La majorité des pays investit massivement dans le renouvelable pour son indépendance énergétique comme par exemple le Costa Rica où près de 100 % de son électricité est produite par du renouvelable. Et plus près de chez nous, le Portugal, l’Allemagne ou la Grande-Bretagne ont investi pour augmenter leur capacité de production en énergies renouvelables.

Classement des membres de l’OECD sur base de la production électrique provenant de sources renouvelables (exclus. Hydraulique)

Le secteur de l’alimentation et l’agriculture est également un important contributeur de l’empreinte écologique d’un pays (28 %). Favoriser des modes de production alimentaire respectueux des sols et des ressources naturelles, efficaces en énergie et réduire le gaspillage alimentaire permettraient également d’avancer sensiblement le jour du dépassement.

L’investisseur peut aussi changer la donne

Si les entreprises peuvent faire la différence en privilégiant des modes de production et de consommation plus écologiques, l’investisseur a également un rôle important à jouer en axant ses investissements sur des entreprises soucieuses de leur environnement. De nombreuses entreprises visent à développer des solutions pour répondre à ces problématiques notamment dans une technologie plus efficace pour l’énergie et l’eau, ou pour une agriculture plus durable et moins polluante. En favorisant les meilleures pratiques et les innovations en matière d’efficacité environnementale, l’investisseur participe à la transition vers une économie bas carbone tout en continuant à faire croître son patrimoine.

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