Chaque degré supplémentaire appauvrit les Etats-Unis

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Par Degroof Petercam

On regrette que les États-Unis se soient retirés de l’accord climatique de Paris. Pas uniquement pour le climat, mais aussi pour l’économie américaine.

L’économie américaine est le grand perdant des conventions visant à limiter le réchauffement climatique à 2%, avait affirmé le président américain Donald Trump plus tôt cette année. Lequel s’est ensuite empressé de retirer son pays de l’Accord climatique de Paris. Il s’agit avant tout d’un « non » symbolique mais, à terme, il aura incontestablement des conséquences négatives. Le magazine Science a récemment évalué le coût économique de chaque degré de réchauffement climatique à 1,2% du produit intérieur brut américain.

Des états comme la Californie, New York ou l’Ioha souffrent directement des conséquences des changements climatiques et ont déjà adapté profondément leur fonctionnement et leurs modes de production ont atteint un point de non-retour. Les secteurs économiques sont aujourd’hui avant tout guidés par les progrès technologiques visant une meilleure efficacité énergétique et des gains économiques, et non par les engagements publics de leurs responsables politiques.

Même si l’option que d’autres pays prennent une voie similaire à celle des Etats-Unis ne peut être totalement exclue, le risque reste actuellement limité pour deux raisons :

  • Les réactions directes de l’Europe et surtout de la Chine qui se positionnent comme les deux moteurs de l’implémentation de l’accord de Paris
  • La sortie effective de l’accord qui risque de prendre plusieurs années

Le réchauffement climatique a également d’importantes conséquences humanitaires pour les États-Unis. Voici quelques années, le Pentagone avait déclaré que le changement climatique constituait un danger pour la sécurité nationale. Une grande partie des Américains vivent près des côtes, et un déplacement de population massif vers l’intérieur des terres à la suite d’une élévation du niveau des mers et des océans aurait des répercussions énormes sur l’économie et les structures sociales.

La dénonciation de l’accord climatique n’est sûrement pas une bonne chose, mais la réalité est heureusement plus encourageante que ne le laissent présager les rodomontades du président Trump. La plupart des états américains ne le suivent pas dans leur réglementation, et la realpolitik domine aussi dans le monde des entreprises. Il n’y a guère de nouveaux investissements à long terme dans les carburants fossiles. Les entreprises ont conscience que les futurs présidents pourront aisément annuler les décisions de Donald Trump, et les banques seront plus réticentes à financer de tels investissements.

Si les États-Unis réduisent leurs efforts, d’autres pays ont décidé de changer de braquet. La Chine a ainsi inclus dans son dernier plan quinquennal l’ambition de devenir le leader mondial dans l’innovation en matière d’environnement d’ici à 2020. Le pays compte également ravir aux États-Unis son leadership en matière d’énergie renouvelable.

Révolution industrielle

Le chantier de la transition énergétique, certes d’envergure considérable, n’en est pas moins crucial pour limiter le réchauffement de la terre. Depuis quelques années, nous vivons une révolution industrielle. Et celle-ci impose de porter un regard tout à fait neuf sur les secteurs et d’opter pour les entreprises qui travaillent à des solutions aux défis à venir. Au-delà de l’empreinte carbone des portefeuilles et de la multitude de rapports sur la durabilité, les investisseurs doivent rester pragmatiques dans l’évaluation des risques et des opportunités. Quelles seront, par exemple, les conséquences de l’introduction d’un prix fixe du carbone sur la compétitivité d’une entreprise? Quels sont les risques des stranded assets ou « actifs échoués », c’est-à-dire des réserves de pétrole et de gaz qui, en raison des mesures climatiques, ne pourront plus jamais être exploitées de manière rentable? Ceci ne concerne d’ailleurs pas uniquement les entreprises. Quelques-unes des plus grandes compagnies pétrolières mais aussi de réserves de gaz et pétrole sont entre les mains d’États, pensez au Venezuela et à l’Arabie saoudite.

Chaîne de production

La transition vers une économie durable est un travail titanesque qui crée énormément d’emplois dans le monde. Elle nécessite d’immenses investissements et financements d’infrastructure. Les investisseurs dans l’énergie alternative, qu’il s’agisse d’infrastructures ou de nouveaux produits et services, tout à la fois contribuent à ce bouleversement indispensable et profitent de son potentiel.

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