Quel futur pour l’économie collaborative ?

Le sujet est à la mode : l’économie collaborative permet une meilleure efficacité dans l’utilisation des biens et services, elle engendre une nouvelle approche de certains concepts économiques. Son évolution est favorisée par les nouvelles technologies ainsi que par l’évolution des mentalités.

Ce modèle interpelle à plus d’un titre. Face aux risques et opportunités générés par l’économie collaborative, il y a lieu de faire des propositions en matière économique et sociale qui permettent de réguler ce pan de l’économie sans entraver son évolution. En effet, le développement de ces plateformes est essentiel pour inscrire notre pays dans un changement mondial qui touche un grand nombre de secteurs. Comment dès lors établir un cadre qui permette une meilleure gouvernance de l’économie de plateformes ?

Pour répondre à certaines interrogations que soulève l’économie collaborative, six économistes de l’Economic Prospective Club se sont réunis au cours d’un week-end pour lancer des pistes de réflexion et des propositions permettant le développement de ce modèle dans un environnement de bonne gouvernance et d’équité entre tous les acteurs économiques en présence.

Il en résulte un document qui donne des éclairages et pistes de réflexion dans deux domaines. Le premier concerne la concurrence que ces plateformes induisent. Le second traite de la réglementation sociale et fiscale qu’il y a lieu de mettre en place. La proposition générale qui sous-tend ce travail est de veiller à ce que le droit commun s’applique à chaque prestataire mais en tenant compte de l’évolution et de l’innovation.

Au terme de la réflexion, les économistes ont estimé que le développement de l’économie collaborative ne doit pas être freiné. Ce développement doit cependant se déployer dans un environnement de bonne gouvernance qui consacre une attention égale à toutes les parties prenantes : les prestataires de service sur les plateformes, les clients, les incumbents, les régulateurs, les organisations professionnelles, l’Etat,…

Ces réflexions sont portées dans le débat public en vue de transmettre un message aux citoyens ainsi qu’aux hommes et femmes qui nous gouvernent et de susciter des réactions.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter le document complet de l’Economic Prospective Club « Pistes et éclairages économiques. Pour une bonne gouvernance de l’économie collaborative »

Consultez aussi :

L’ensemble des travaux de l’Economic Prospective Club

Qu’est-ce que l’économie de partage ou économie collaborative ?

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BlaBlaCar: voyager, partager, se parler

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3 réponses à Quel futur pour l’économie collaborative ?

  1. Nadia dit :

    Merci pour cet analyse fortement intéressante. En ce qui concerne la bonne gouvernance des plateformes d’économie collaborative, on pourrait aussi parler de gouvernance participative. L’économie collaborative est une économie sans intermédiaire. Or, la plateforme qui organise la collaboration est un intermédiaire qui impose ses règles aux travailleurs « indépendants » qui « collaborent ». Il serait judicieux de réfléchir à des modèles de société qui partagent la valeur, adoptent une gouvernance participative (démocratique), par exemple des sociétés coopératives. Smart vient de faire le pas en devenant une société coopérative. Et la plateforme d’économie collaborative belge pwiic.com également. Les enjeux « gouvernance » ne sont pas que fiscaux.
    Merci pour votre travail !

  2. Denis Timmermans dit :

    Très bon travail journalistique et très intéressantes études, réflexions des personnes de l’EPC. Les témoignages en plus dans La Libre papier de ce week-end complétaient la chose.
    Je partage ce qui est reflété dans ce travail mais voudrais cependant appuyer un aspect abordé peut-être de façon trop détournée ou ne soulignant pas, selon moi, suffisamment, les potentielles conséquences pour le citoyen.
    En effet, si l’on parle de potentielle éviction du personnel des incumbents, de nécessité de salaire et protection minimales, d’éventuelle fracture numérique et d’écart de prix entre marchés (plateforme et non connecté) …. l’on n’aborde pas assez le risque de position dominante, monopole de ce type de nouvelle économie par rapport à une économie dite « classique » qui aurait disparue.

    Basée sur la libre économie pure de la concurrence et l’offre et la demande, l’on pourrait se demander ce qu’il en sera lorsque les acteurs plus classiques auront tous disparus ou ne subsisteront qu’à des prix exorbitants pour le consommateur lambda. Il est d’ailleurs intéressant déjà de constater que les prix UberX ne sont pas les mêmes pour un même trajet lorsque l’offre de nombreux chauffeurs sont disponibles ou lorsque l’offre de service de ces derniers est rare et le fait que le trajet pourrait être même plus coûteux (suivant un utilisateur qui me l’aurait rapporté) qu’un taxi « normal » dans cette seconde hypothèse. Sans vouloir rendre public ce service, il reste un service au public et nécessaire à la collectivité et comme pour d’autres services, une intervention réglementaire quant à la protection de tous, prestataire mais aussi consommateur, citoyen n’est pas nécessairement totalement dénuée de sens, du moins pour certains biens ou services. Si l’on reprend l’exemple de la précédente mutation économique du low cost, il est aussi facile de mentionner que les compagnies aériennes classiques étaient scandaleusement coûteuses et que cela a permis à tous de voyager tout en décriant les nuisances de vols nocturnes (les slots les +chers sont réservés aux lignes les +stables, anciennes, … – les aéroports décentralisés sont encore plus néfastes écologiquement), l’exploitation du personnel, le glissement fiscal vers l’étranger, la pollution, l’abandon de certaines destinations des périodes creuses, incidents … Il en va ainsi aussi des grandes surfaces, etc… même si le marché a toujours raison et le commerce de proximité, de service, se redéveloppe …

    Est-ce par ailleurs vraiment de la nouvelle économie (sauf la valeur des datas sous-jacentes) et pas plutôt un vecteur, de nouveaux outils d’économie avec lesquels il faut apprendre à vivre sans nécessairement que ce soit vraiment un plus ?

    Bref, tout à fait d’accord avec « bonne gouvernance, attention à tous, … »

  3. Gilain dit :

    Merci pour ce travail intéressant

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