Et si on apprenait à penser…

C’est à la Bastide d’Engras en Occitanie, que Luc de Brabandère a emmené une petite assemblée conquise pour un voyage au pays du raisonnement et de la créativité.

Au cours d’un atelier dédié à l’art de la pensée, ce mathématicien philosophe a rappelé en introduction que la plupart des concepts que nous utilisons sont flous et que la pensée est dès lors pénalisée dès le départ. « La philosophie est une pratique théorique non scientifique qui ne se soumet qu’à la raison et à l’expérience, et vise moins à connaître qu’à penser ou à questionner », entame Luc de Brabandère.

Dès ce moment, le chemin est tracé. En route vers l’art de penser ! Comment se construit la pensée ? Ici, deux théories s’affrontent : celle de Platon qui oppose deux mondes, l’intelligible au sensible, et qui voit la pensée comme une discipline et celle d’Aristote qui conçoit le monde comme un perpétuel changement et qui pose la question de savoir pourquoi ces choses changent. Aristote nous apprend à structurer le monde et ses composantes. C’est une première étape sur la voie de la pensée.

Lorsque nous avons établi des structures mentales suffisamment solides, nous pouvons commencer à construire dessus. Nous entrons alors dans la contrée de la logique. La logique est la science de l’utilisation correcte du mot « donc ». « La pensée se déploie en trois temps : le concept, phase durant laquelle je pense à quelque chose, le jugement et la déduction. Dans la première phase, nous sommes obligés ce créer des catégories. Imaginez le patron de Colruyt lorsqu’il pense à ses clients. Il ne peut évidemment pas penser à tous ses clients : il est obligé de créer des grandes catégories. En cela, sans le savoir, il suit Aristote », prévient Luc de Brabandère. Il faut donc admettre que penser consiste pour l’essentiel à simplifier le monde et à utiliser ensuite ces simplifications.

Nous arrivons alors à la croisée de deux chemins : celui de la déduction et celui de l’induction. Et, souvent, nous serons amenés à devoir passer par les deux chemins pour construire la pensée, pour enclencher le développement de la créativité. Dans le processus de l’induction, le monde réel vient provoquer en nous une observation et ensuite une explication. Elle permet la construction de modèles. La déduction, quant à elle, nous porte à confronter notre modèle fait de connaissances, de trouvailles, de croyances et de représentations au monde réel qui est en perpétuel changement. La déduction nous incite à utiliser les modèles pour analyser et conceptualiser le monde réel : ici peuvent se déployer les algorithmes. L’induction produit donc les modèles et la déduction les utilise. 

Mais, concrètement, comment pouvons-nous mettre en place un processus susceptible d’enclencher la créativité ? Notre orateur décrit alors comment Michelin, constructeur de pneus, en est arrivé à créer le fameux guide éponyme de restaurants. Le meilleur moyen d’avoir une bonne idée est d’en avoir beaucoup… Il y a quatre phases dans le processus créatif : la préparation, l’incubation, l’illumination et la vérification. « Si nous voulons être créatifs et innovants, nous serons amenés à changer deux fois. Nous devons sortir du cadre existant et… créer un nouveau cadre. Mais attention, il n’y a pas de recettes ni de lois en créativité. La créativité est avant tout une passion que l’on partage », soutient le philosophe.

Il existe cependant des méthodes pour encourager le processus de créativité :

  • Se poser la question de la question. Exemple : comment faire en sorte que les enfants parlent de votre marque à table ?
  • La méthode qui utilise les mots. Exemple : décrire votre activité en n’utilisant aucun mot relatif à cette activité, comme décrire l’activité d’une marque de champagne sans utiliser les mots « champagne » ou « bouteille ». Cela conduit à lancer une campagne de publicité sur le thème des … discours de mariage.
  • La méthode de l’analogie. Exemple : comment faire, dans 10 ans, la « une » de différents journaux ?
  • La méthode de l’alliance. Exemple : comment encourager des alliances forcées avec des sociétés en-dehors de son secteur ?

Il faut donc stimuler le regard à se déployer dans toutes les directions et, ensuite, conduire la pensée à la fois par déduction et induction. En conclusion, il faut admettre que, dans l’art de la pensée, il n’y a pas de conclusion. « Pour être créatif, il ne faut jamais s’arrêter de penser et surtout, il faut le faire avec humour. Ne perdons jamais la joie de penser », conclut le maître du stage. Au terme de ce parcours, il apparaît que, sans cesse, le voyage ne fait que commencer et, en étant accompagné d’un guide aussi charismatique que Luc de Brabandère, la route au pays de la pensée, de la créativité et de l’innovation n’en est que plus captivante.

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