Comment valoriser une start-up  ? Partie 4/4 : Les méthodes prospectives

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Par Frédéric de Laminne, Value for Growth

Dans un article précédent, nous avons vu que les méthodes de valorisation peuvent se baser sur les performances historiques de la société (telles que reflétées dans la comptabilité, avec parfois certains redressements) et/ou sur des projections effectuées pour les futurs exercices. Les méthodes prospectives sont théoriquement les plus appropriées : peu importe le passé, ce qui compte c’est le futur ! Mais évidemment elles sont aussi sujettes à caution puisque nul ne peut prévoir l’avenir !

Les deux principales méthodes prospectives sont :

  1. L’actualisation des dividendes futurs (« Dividend Discount Model » ou « DDM »)
  2. L’actualisation des cash-flows libres futurs (« Discounted Cash Flow Model » ou «DCF»).

Dans les deux cas, il convient d’effectuer des prévisions sur les flux que devraient percevoir les actionnaires dans le futur, qu’il s’agisse des dividendes ou, d’une manière plus générale des cashflows.

Comme il est impossible d’effectuer des prévisions pour un nombre infini d’années, on limitera la période de prévision aux prochaines années puis on utilisera certaines hypothèses de croissance et des formules mathématiques pour tenir compte des années ultérieures à cette période de prévision.

Enfin, on adoptera un taux d’actualisation pour donner à ces flux futurs une estimation de leur valeur actuelle.

-> Comme la mise en œuvre de ces méthodes requiert une connaissance intime de la société et une grande technicité, le détail de leur utilisation ne sera pas exposé ici.

On préfèrera expliciter une méthode hybride d’une application plus abordable et dont les résultats ne sont pas nécessairement moins acceptables.

Une méthode hybride de valorisation pour les start-up.

Comme les start-up n’ont pas de chiffres historiques sur lesquels baser une évaluation, une méthode consiste à se projeter quelques années dans le futur et à appliquer au plan d’affaire de la start-up une méthode historique (par exemple la méthode du multiple de l’EBITDA).

Pour avoir une estimation de la valorisation actuelle, il suffit alors d’actualiser la valeur calculée en utilisant un taux suffisamment élevé pour tenir compte de la probabilité que la start-up ne réussisse pas à réaliser son plan d’affaires : en effet, plus le taux d’actualisation est élevé, plus la valeur actuelle sera faible.

Par exemple, si on prévoit qu’une start-up sans endettement aura un EBITDA de 100 000 € dans 3 ans, on peut calculer sa valeur avec un taux d’actualisation de 25% comme suit :

 

                        Valorisation     = EBITDA 2019 x Multiple / ( 1 + taux d’actualisation )3

 

                                                = 100 000€ x 4,7 / ( 1 + 25% )3   

 

                                                = 240 640 €

-> Cette méthode assez simple permet de donner une estimation de valeur à une entreprise même si l’on ne possède qu’un plan d’affaires relativement rudimentaire.

Cet article vous a intéressé ? Consultez aussi :

Comment valoriser une start-up ? (1/4) : Introduction

Comment valoriser une start-up ? (2/4) : Différence entre valeur estimée et prix

Comment valoriser une strat-up ? (3/4) : Les méthodes historiques

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