Votre téléphone remplacera-t-il votre portefeuille ?

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Au début des années 80, la Belgique était pionnière dans le développement des cartes de débit avec MisterCash et Bancontact. Aujourd’hui, ces moyens de paiement sont encore largement répandus mais d’autres formules émergent avec des technologies qui font la part belle aux applis et aux Smartphones. « Aujourd’hui, toutes les opérations que l’on a coutume d’effectuer par le PC Banking peuvent également être exécutées sur un Smartphone. Les techniques de paiement suivent une évolution similaire et l’on se dirige vers des possibilités de paiements via Smartphone entre particuliers et plus uniquement vers les commerçants », explique Grégoire de Streel, Associé chez Belcube.

Des solutions telles que seqr , Payconiq ou les applis développées par Bancontact sont autant d’exemples de technologies qui permettent déjà d’effectuer des paiements entre particuliers. Ces nouvelles applis offrent la possibilité de payer directement des achats ou de rembourser des amis sans devoir passer par la tâche fastidieuse d’encoder un numéro de compte à rallonge. Les paiements se font via le numéro de téléphone ou l’adresse e-mail des intervenants. Ces techniques fournissent une véritable mobilité bancaire en permettant de délester son portefeuille de la monnaie papier.

Ces moyens de paiements mobiles vont-ils se généraliser ? Va-t-on voir, un jour, les numéros de téléphone remplacer les numéros de comptes bancaires ? La réponse est oui ! Ce scénario n’est plus de la science-fiction. En effet, la Banque Centrale européenne (BCE) vient d’annoncer l’instauration d’un registre paneuropéen de numéros de téléphone se raccrochant à des comptes bancaires. Les paiements entre citoyens européens seront ainsi fluidifiés quel que soit le pays de résidence des intervenants. « La BCE prépare le paiement instantané paneuropéen, notamment par mobile entre particuliers. Un registre européen des numéros de téléphone se rapportant aux comptes bancaires permettra de fluidifier les échanges et de consolider un marché des paiements en euros intégré. Et ainsi d’anticiper la déferlante de services comme celui de l’américain Square », souligne Delphine Cuny dans un article de la Tribune du 6 janvier dernier. Ce développement devrait être finalisé pour la fin de l’année 2017 voire début 2018, c’est à dire … demain !

Ces facilités sont attendues par le grand public mais ne sont pas sans risques. « Le but de la BCE est bien de créer un grand registre central. On peut se réjouir d’une telle avancée mais il va falloir sécuriser ce système. En effet, une fois que vous avez commis une erreur en tapant le numéro de téléphone de votre correspondant, l’argent risque de partir vers une autre personne sans possibilité de le récupérer. Que se passera-t-il si une personne change de numéro de téléphone ? Il faudra vraiment analyser tous les cas de figure », prévient Grégoire de Streel. La généralisation de ce type de paiement suppose également que la quasi totalité de la population soit bancarisée et dispose de la technologie adéquate (Smartphone). C’est donc aussi le thème de l’inclusion bancaire qui refait surface ici.

Ces moyens permettront par ailleurs de réduire l’utilisation d’argent cash. Pour éviter le blanchiment d’argent et rendre plus difficile le paiement d’opérations frauduleuses, les autorités ont déjà diminué les seuils autorisés pour les paiements effectués en cash. Avec ce type de paiement « téléphonique » toutes les opérations sont traçables. « Se pose aussi la question du respect de la vie privée et du traitement de ces données. Il faut reconnaître que cette évolution s’inscrit de plus en plus dans notre quotidien et que les petits paiements en cash vont peu à peu disparaître. Dans ce type de scénario avec ce genre de technologies, nous avons tout lieu de croire que nous verrons à long terme la disparition de l’argent papier », estime Grégoire de Streel. Les mesures envisagées par la Banque Centrale européenne et l’évolution des technologies de paiement remettent effectivement sur le devant de la scène cette thématique de l’émergence d’une société sans monnaie papier.

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