Pourquoi les profils financiers sont-ils si rares ?

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Selon une étude réalisée par la société Robert Half, neuf entreprises belges sur dix éprouvent des difficultés pour recruter des profils financiers. « On ne parle pas ici du secteur financier mais bien de personnes exerçant leur profession dans les services financiers des entreprises », explique, Joël Poilvache, Director de Robert Half Belux.

Voici un tableau reprenant les profils recherchés et en pénurie

Comment explique-t-on à la fois ce besoin et ce manque de talents ? « En ce qui concerne les comptables, ce n’est pas nouveau. Nous sommes structurellement dans une situation où la demande est toujours plus forte que l’offre. En effet, toutes les entreprises ont besoin d’établir leur comptabilité », note Joël Poilvache. Depuis longtemps, la Belgique devrait donc « produire » plus de bacheliers en comptabilité car la demande pour cette profession n’est pas satisfaite.
En ce qui concerne les contrôleurs de gestion, il s’agit d’une profession plus dépendante de la conjoncture économique. Aujourd’hui, avec la reprise, la demande se fait davantage ressentir. Les universités fournissent des talents, des diplômés en gestion qui entrent dans les entreprises après avoir passé quelques années dans des sociétés d’audit. Ici, ce n’est pas un problème d’offre mais plutôt une recrudescence de la demande pour ce genre de profils qui provoquent une pénurie.

Les métiers de la finance évoluent et se développent. La gestion des risques est un métier plus spécifique qui a pris de l’ampleur ces dernières années. Là aussi, la demande pour des profils-types est en augmentation. Cette demande est plus pressante dans les grandes entreprises. Quant à la profession d’audit interne, elle a pris davantage d’importance avec les exigences accrues en matière de gouvernance. « C’est une profession très exigeante qui demande beaucoup de mobilité avec des voyages à l’étranger. Parfois, cela peut paraître moins attrayant », reconnaît Joël Poilvache. Cependant, ce poste donne une bonne visibilité dans l’entreprise et peut permettre le développement d’une carrière au sein de la société avec la prise en charge ultérieure de responsabilités opérationnelles.

La difficulté de trouver les bonnes personnes pour les postes financiers au sein des entreprises s’explique aussi par l’exigence accrue concernant les autres qualités requises en marge des qualités financières. La connaissance des langues, l’usage des nouvelles technologies et la capacité à bien communiquer font parfois défaut chez les candidats.

Et les femmes dans tout ça ? « Contrairement à ce que l’on pourrait croire, beaucoup de femmes évoluent avec succès dans ces métiers. Lors des recrutements que nous gérons, nous sommes pratiquement à l’équilibre dans les candidats qui se présentent », estime Joël Poilvache.

Au-delà de la diversité des genres, peut-être devrait on casser les mythes qui règnent autour des métiers de la finance en entreprise afin d’accroître le nombre de candidats et de talents pour ces professions.
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