Flash Actu : Les Britanniques claquent la porte, que faire en portefeuille ?

Ce qui relevait encore de l’inconcevable il y a un an est devenu réalité aujourd’hui : le Royaume-Uni quitte l’Europe. Le processus de sortie est enclenché. Cette sortie de l’Union Européenne aura-t-elle des conséquences dans les portefeuilles ? Dans ce genre de processus il n’y aura pas de gagnants-gagnants mais plutôt des perdants-perdants. Les négociations seront principalement menées par les poids lourds européens que sont la France et l’Allemagne.

Dans cette sortie, certains pays ont moins à perdre que d’autres mais la Belgique risque de connaître un impact non négligeable. « A court terme, les conséquences sont encore assez limitées mais, à long terme, cela aura des implications pour les détenteurs d’actions de sociétés belges qui exportent vers le Royaume-Uni. N’oublions pas que la Belgique exporte 7,7% de son PIB vers la Grande-Bretagne alors que la moyenne européenne est à 2,2%. Le Brexit n’est donc pas négligeable pour l’économie belge », explique Vincent Juvyns, Stratégiste chez J.P. Morgan AM.

Pour l’instant, l’incertitude domine encore. Lorsqu’on évoque le Brexit, on pense en priorité au secteur financier et l’on voit déjà des géants comme les assureurs AIG ou Lloyds qui veulent ouvrir des bureaux sur le continent. « Pour les gestionnaires de fonds, il sera capital de bien décoder les impacts sectoriels que le Brexit aura pour les prochaines années. Il y a un consensus dans les fonds qui sont investis dans les actions européennes et qui ont inclu le Royaume-Uni. Les gestionnaires admettent que ce n’est pas bon pour ce pays et le marché britannique est désormais sous-pondéré dans ces fonds », note Vincent Juvyns. Lorsqu’un marché comme celui de l’Union se rétrécit suite au départ d’un de ses membres, c’est préjudiciable pour sa croissance.

Cependant, certaines thématiques pourront s’en sortir mieux que d’autres au Royaume-Uni. Les secteurs des matières premières (commodities) ou de la santé sont, en général, de gros exportateurs qui devraient moins souffrir que des sociétés tournées davantage vers l’économie locale.

Si le marché européen diminue, cela ne veut pas dire qu’il disparaît. « Nous avons peut-être là un signal d’alarme qui pourrait enclencher une dynamique pour raviver le marché intérieur avec plus d’intégration. Peut-on espérer un réveil des consciences ? », se demande Vincent Juvyns. La perte se fera sans doute davantage sentir Outre-Manche. Il faudra y recréer un écosystème et que l’économie se reconnecte avec les directives. Les Britanniques devront renégocier les accords commerciaux en solo avec des géants comme la Chine ou les Etats-Unis et ce ne sera pas une mince affaire. Les lourdeurs administratives seront, sans aucun doute, couplées avec des allégements fiscaux pour attirer les entreprises sur le sol britannique. Mais, globalement, les Britanniques peuvent dire adieu aujourd’hui aux bénéfices d’un grand nombre de plans et directives. Il faudra être donc très attentifs aux retombées de cette sortie des deux côtés de la Manche.

Cet article vous a intéressé ? Consultez aussi :

Brexit : qui sont les perdants et les gagnants ?

Brexit, quel impact au niveau durabilité ?

Qu’est-ce que les valeurs défensives et les valeurs cycliques ?

 


Pour en savoir plus sur ce sujet et sur le monde financier et économique, abonnez-vous gratuitement à la newsletter hebdomadaire ici
Nous n’avons que des produits de courrier électronique concernant la newsletter, des flashs actu ou l’invitation à des événements que nous organisons. C’est pour recevoir ce type d’informations que les lecteurs s’inscrivent. Nous ne recueillons et ne traitons que vos adresses électroniques. Veuillez noter qu’en vertu de GDPR, vous aurez le droit de nous demander à tout moment de recevoir une copie de vos données personnelles traitées, de demander la suppression de vos données personnelles. Nos newsletters contiennent un lien pour mettre fin à votre abonnement immédiatement ou le modifier.

Ce contenu a été publié dans Actualité, Construction de portefeuille, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Flash Actu : Les Britanniques claquent la porte, que faire en portefeuille ?

  1. Etienne de Callatay dit :

    Merci pour ce regard sur les effets du Brexit ! S’agissant des effets sur l’économie belge, il faut souligner que les chiffres de nos exportations vers le R-U sont gonflés par un effet « de ports », avec Anvers et Zeebrugge. Il n’en reste ps moins, et cela a été confirmé par l’excellente récente étude du CEPS pour le Parlement européen, que l’économie belge est plus sensible au Brexit que la moyenne de l’UE27, avec certains secteurs très concernés (légumes surgelés, tapis, …). Bien sûr, une partie de l’ajustement se fera dans la compression des marges des producteurs belges confrontés à un euro devenu plus cher pour les Anglais, mais il y aura aussi des effets sur nos volumes exportés en raison de l’effet de change et aussi de l’impact négatif du Brexit sur le PIB anglais. Ceci dit, cette perte ne justifie pas en elle-même de chercher à être complaisant avec les Anglais : si l’intérêt général demande d’être dur dans la négociation avec les Anglais, cela passe avant les intérêts de certains secteurs d’activité.

Les commentaires sont fermés.