Populisme : Cherchez les causes économiques !

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Le Brexit, la victoire de Donald Trump aux élections américaines et la montée des partis populistes de gauche ou de droite en Europe interpellent à plus d’un titre. Pourquoi assiste-t-on aujourd’hui à une montée en puissance des partis nationalistes ? L’amplification du phénomène est généralement accrue en période électorale, ce qui est normal. « En 2017, 70% de l’économie européenne (en fonction du PIB) seront impactés par des élections. Ce qui est particulièrement dangereux aujourd’hui, c’est que les partis traditionnels appliquent ou revendiquent des mesures populistes pour attirer les électeurs », note James Butterfill, Head of Research chez ETF Securities à Londres.

Les causes de la progression du populisme sont aussi, sans conteste, économiques. On a souvent cité la globalisation comme facteur de mécontentement de la classe moyenne. Cette tranche de la population a certainement été la grande perdante dans ce mouvement. On constate également une forte augmentation des inégalités, ce qui est un véritable terreau pour le populisme. Les inégalités entre les revenus les plus importants et les plus faibles sont particulièrement marquées dans des pays comme le Chili, le Mexique ou les Etats-Unis.

On peut se poser la question de savoir si les politiques monétaires accommodantes (quantitative easing) ne seraient pas également en partie responsables de l’augmentation des inégalités. « Les évolutions des inégalités et des politiques monétaires semblent liées. Peut-on dès lors en déduire une relation de cause à effet ? Il est certain que les politiques monétaires menées récemment ont été particulièrement bénéfiques pour les détenteurs d’actions et d’obligations. Ce sont des actifs auxquels seuls les plus nantis ont accès, ce qui accroît les inégalités », reconnaît James Butterfill.

On assiste également à un renforcement du sentiment d’incapacité à acquérir certains éléments considérés par la plupart des gens comme souhaitables ou même nécessaires pour mener une vie normale. Ce sentiment provoque une certaine frustration. A cela il faut ajouter que les craintes concernant les phénomènes migratoires sont tangibles et la plupart des populations, à l’exception de la Chine et de l’Inde, ne pensent pas que leur pays soit conduit dans une bonne direction. On constate donc une perte de confiance quasi généralisée dans les politiques menées. Le cocktail de tous ces facteurs est une véritable aubaine pour les souteneurs de thèses nationalistes.

Que se passe-t-il au niveau économique lorsque les partis populistes remportent les élections ? Lorsque les leaders nationalistes et populistes remportent les élections, les politiques de libre-échange cèdent la place au protectionnisme. Les dépenses d’infrastructure, les déficits budgétaires et les risques d’inflation augmentent. Le Venezuela est un exemple typique de l’issue catastrophique des politiques populistes menées pendant plusieurs années. Face à la montée de ces mouvements, la porte de secours pour nos sociétés démocratiques semble donc être la réduction des inégalités couplée à la réinstauration d’un sentiment de confiance.

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