FinTech et Insurtech : deux challengers au Cercle Femmes & Finance

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Le Cercle femmes & Finance a reçu deux jeunes entrepreneurs qui entendent bien bousculer le paysage financier belge : Jean-Charles Velge de l’Insurtech Qover et Xavier Laoureux de la FinTech Mozzeno.

La société Qover a été lancée en janvier 2016 par Jean-Charles Velge et Quentin Colmant qui ont chacun développé antérieurement une expérience professionnelle, l’un dans le capital à risque, l’autre dans le monde de l’assurance. Après une levée de fonds de près de 7 millions d’euros, cette jeune société emploie 30 personnes en vue d’offrir des solutions assurantielles digitales complètes en B to B. « Nous sommes capables de développer une solution digitale en un temps record. Nous assurons la majeure partie du projet mais la seule chose que nous ne faisons pas c’est de porter le risque. Ce risque est couvert soit par la Lloyds soit par Munich Re », explique Jean-Charles Velge, co-founder de Qover. Toutes les opérations sont donc effectuées de façon digitale de la création de produits à la fixation du prix en passant par la gestion des sinistres et les opérations de marketing.

Aujourd’hui, Qover ne s’adresse pas au grand public mais aux courtiers en leur proposant des produits traditionnels ou des produits sur-mesure. La société est également capable de mettre sur pied des produits dédiés pour certaines entreprises comme, par exemple, des distributeurs automobiles. Si on a une licence de courtier, on peut ainsi vendre de l’assurance via un procédé mis en place par Qover. Les assurances offertes vont de l’omnium à l’assurance défaut de paiement de locataire en passant par la perte d’emploi. « Nous sommes en mesure de fournir des produits blancs que les courtiers, s’ils ont la licence, peuvent vendre sous leur label. Mais, quand on se lance dans un nouveau créneau, il est important de se faire connaître. Nous dépensons donc beaucoup d’énergie dans le marketing », reconnaît Jean-Charles Velge.

Chez Mozzeno, l’activité consiste à offrir des prêts aux particuliers, financés par des particuliers en passant par leur intermédiaire. « Nous favorisons la désintermédiation des banques. Nous promouvons une finance plus collaborative, plus concrète et plus locale », explique Xavier Laoureux, co-founder de Mozzeno. La société a obtenu l’agrément de la FSMA pour l’octroi de prêts aux particuliers. Mozzeno octroie donc ces prêts après une analyse en ligne de la demande et la société se finance ensuite auprès de particuliers investisseurs qui reçoivent un titre de créance qui représente leur créance sur le débiteur du prêt.

Les investisseurs ne mettent pas tous leurs œufs dans le même panier en diversifiant les sommes investies sur plusieurs débiteurs. Les prêts sont couverts par une assurance-crédit qui couvre entre 60 et 100% des impayés selon les catégories d’emprunteurs. Les taux (TAEG) varient entre 2,9% et plus de 5,85% en fonction du risque et sur des durées entre 1 et 5 ans.

Ce sont des algorithmes qui définissent si une demande de crédit peut ou non être acceptée. Ces algorithmes se basent sur le big data pour établir des décisions d’octroi. Ils s’affinent au fur et à mesure du temps. Au départ, l’investisseur dépose 500 euros sur la plateforme. Il définit ces critères de choix d’investissement et la somme est répartie sur plusieurs prêts. « Les investisseurs achètent une obligation qui a comme sous-jacent tous leurs prêts définis en fonction de leurs choix d’investissement et de risque. Notre sélection des prêts est très stricte : nous avons refusé 85% des demandes depuis février 2017 », note Xavier Laoureux. Le produit d’investissement proposé par Mozzeno est proche des obligations et des comptes à terme en raison de sa faible volatilité puisque les prêts sont couverts par des assureurs crédits. Les emprunteurs viennent sur la plateforme car les taux sont compétitifs, les fonds sont financés par des particuliers sans l’intermédiaire des banques. Enfin, si le prêt est correctement remboursé, il y a un système de récompense à la fin pour l’emprunteur. Mozzeno a des projets en cours comme créer un marché secondaire pour la vente et l’achat de prêts existants pour assurer une meilleure liquidité.

Ces deux jeunes entrepreneurs ont démontré aux femmes présentes que la Belgique prenait le train de l’innovation. Pour garantir la réussite des entrepreneurs financiers belges et éviter de voir arriver un géant anglo-saxon sur ces marchés, toutes les parties prenantes doivent cependant entrer en action : les autorités politiques, les régulateurs et … le grand public. Le soutien à notre économie de demain passe par nous tous.

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