Les banquiers centraux naviguent sans boussole

@Pexels

Par Mauro Fiorini, Rédacteur

Jamais dans l’histoire des banques centrales autant d’argent n’avait été injecté dans le système monétaire afin de gommer les effets de la crise de 2008. Le bilan des quatre principales Banques Centrales (E-U, Zone Euro, Japon et Canada) a atteint les 5.000 milliards de dollars soit 5 fois la taille de leur bilan avant la crise.

Après avoir frôlé la déflation, l’économie mondiale est repartie à la hausse sans que la croissance affichée ne soit spectaculaire. Les perspectives à long terme, selon le FMI, sont déjà en retrait par rapport à la situation actuelle alors que les Banques Centrales planchent sur un plan de réduction de leur bilan sans provoquer un vaste tsunami sur les marchés financiers.

Alors que la quantité de monnaie déversée suscitait des craintes de voir l’inflation grimper en flèche, c’est l’inverse qui se produit. Ces quatre banques centrales visent une inflation de 2 % comme leur objectif premier et elles n’y arrivent pas. La Présidente actuelle de la FED a eu le courage d’avouer qu’elle ne comprenait pas la trajectoire actuelle du taux d’inflation aux Etats-Unis. Malgré une reprise de la croissance et une nette diminution du taux de chômage, l’inflation ne décolle pas et l’augmentation brute des salaires stagne à 2 % de croissance. La banque centrale du Japon, qui maintient un taux d’intérêt négatif de 0.10 % à court terme et à 0% sur le taux à 10 ans est dans une situation encore plus précaire car l’inflation peine à dépasser les 1%. Le patronat japonais ne l’aide pas car ils cherchent à réduire les augmentations salariales en proposant plus de contrats de travail à vie assortis d’avantages extralégaux.

La BCE se dit convaincue d’atteindre son objectif mais afin de recevoir un coup de pouce des acteurs économiques incite les syndicats à négocier des augmentations salariales sans s’occuper de l’évolution du taux d’inflation moyen.

Ces errements poussent certains économistes à se poser la question suivante : Les Banques Centrales comprennent-elles vraiment le processus de formation de l’inflation ? Leurs modèles économiques ne sont-ils pas obsolètes ? La globalisation et la décentralisation des productions sont-ils bien appréhendés dans leur perception du taux de croissance idéal pour ne pas provoquer de surchauffe ?

Les banques centrales doivent aussi convaincre les marchés que leur gestion de leur politique monétaire ne conduira pas à une nouvelle crise financière car l’abondance de liquidités à des taux réels négatifs a entraîné un endettement global du secteur privé inquiétant.

Pour en savoir plus sur ce sujet et sur le monde financier et économique, abonnez-vous à la newsletter hebdomadaire ici http://moneystore.be/nous-contacter

Consultez aussi:

Quel sort réserver aux bilans des banques centrales?

Une devise faible : un gage de bonne santé

Faut-il un nouveau Bretton Woods?

 

Ce contenu a été publié dans Actualité, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *