Doit-on craindre l’éclatement d’une bulle obligataire ?

euro_ecbRécemment on a pu constater des mouvements de hausse de taux d’intérêt. Même si ces mouvements sont légers, doit-on craindre la formation d’une bulle sur le marché obligataire ? Et si tel est le cas, son éclatement est-il inéluctable ?

Mais d’abord qu’entend-on exactement par le mot « bulle » ? « On peut détecter ce phénomène quand on assiste à une hausse spectaculaire des transactions. Un actif est donc sur-acheté, sa valorisation augmente de façon importante en ne reflétant plus sa valeur fondamentale, c’est-à-dire l’actualisation de ses revenus futurs », explique Bernard Keppenne, Chief economist chez CBC Banque. On parlera d’éclatement de la bulle lorsque cette hausse spectaculaire des transactions et du prix est suivie d’un effondrement brutal de sa valeur. L’éclatement d’une bulle ne doit cependant pas être assimilé à une correction sur les marchés. Une correction suit une montée du prix des actifs qui revient ensuite à son niveau ou légèrement plus bas. L’amplitude et la rapidité sont moins accentuées lors d’une simple correction à la baisse.

Aujourd’hui, on peut dire que nous connaissons une augmentation spectaculaire des transactions sur les obligations gouvernementales et que leur prix dépasse leur valeur fondamentale puisque nous naviguons en zone de taux d’intérêt proches de zéro, voire négatifs. « Nous avons donc le sentiment qu’une bulle obligataire s’est formée à cause de l’attitude des banques centrales qui opèrent à des achats importants d’obligations. Mais il s’agit de l’activité d’un seul agent économique », constate Bernard Keppenne. Dans ce contexte, on sent que les banques centrales arrivent à la limite de leur politique monétaire accommodante et on pourrait connaître des hausses de taux d’intérêt. On assiste également à une légère remontée de l’inflation mais elle reste encore faible. « Cela pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt plus marquée et, dans ce cas, la remontée des taux aura un impact négatif sur les portefeuilles défensifs », prévient Bernard Keppenne. Cependant, cet économiste ne considère pas qu’il s’agit ici d’une bulle car ce phénomène est le fait d’un seul acteur. « Les banques centrales ne vont pas arrêter brutalement leur programme de rachats d’obligations, elles vont le ralentir et non pas l’arrêter. Nous connaîtrons donc plus que probablement une correction sur les marchés obligataires mais pas l’éclatement d’une bulle », estime cet économiste.

Que faire alors avec des actifs obligataires en portefeuille ? Certains privilégieront de prendre dès à présent leur plus-value alors que d’autres s’orienteront vers la classe des obligations émergentes ou des obligations libellées en dollars. Les investisseurs qui veulent entrer sur ce marché doivent privilégier les échéances courtes. La diversification est donc de mise dans cette classe d’actifs.

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