Le Brexit, une menace pour les portefeuilles ?

IMG_0013Le 23 juin prochain les citoyens britanniques devront se prononcer sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne. Le Brexit (contraction des mots Britain et Exit) aurait des conséquences non négligeables des deux côtés de la Manche tant sur le plan politique qu’économique et financier.

« Je commencerais par dire que je ne prévois pas que la majorité britannique votera en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne le 23 juin prochain. Pas plus le deal négocié par David Cameron que le fait que le maire de Londres, Boris Johnson, se soit prononcé en faveur du Brexit ne peuvent être considérés comme des éléments décisifs qui détermineront l’issue de ce vote. Beaucoup de citoyens britanniques ont une affection limitée pour l’Union européenne, mais face aux incertitudes liées au Brexit, quand les choses se gâteront, nous prévoyons un maintien du statu quo », pense Lukas Daalder, CIO Investment Solutions chez Robeco.

Mais si les choses devaient mal tourner, quelles seraient les conséquences de cette sortie ? En effet, comme le souligne Bernard Keppenne, Chief Economist chez CBC Banque, « Le «non » aux Pays-Bas a évidemment renforcé la position des partisans du Brexit. En plus, la position délicate de Cameron dans l’affaire « Panama Papers » le fragilise et tombe au plus mauvais moment alors que les sondages sont très inquiétants pour lui ». L’impact d’un Brexit sur l’économie britannique aura des répercussions sur les marchés financiers. Mais cet impact dépendra aussi de la situation des marchés fin juin et du niveau de leur volatilité dans les mois qui précéderont ce vote fatidique. Au-delà des changements politiques que cela entrainerait, les accords commerciaux devront être renégociés entre ce pays et l’Union. « D’un point de vue économique, le Royaume-Uni est un partenaire commercial clé. De 2008 à 2012, c’était le plus grand marché d’exportation et d’importation de l’Union européenne, bien que cela soit en partie dû à la proximité géographique du port de Rotterdam. En conséquence, la renégociation des accords commerciaux bilatéraux provoquée par la décision de sortie britannique, aurait des incidences négatives, à la fois pour le Royaume-Uni et le bloc européen », prévient Frank Vranken, Stratégiste chez Puilaetco Dewaay Private Bankers.

Quelles seraient les conséquences de cette sortie Outre-Manche ? La Grande-Bretagne connaîtra une baisse probable de la livre sterling, une sortie des capitaux du Royaume-Uni ainsi que des conséquences lourdes sur le statut de Londres en tant que centre financier en Europe. D’un point de vue économique, on distingue trois éléments qui affecteront directement la croissance de cette nation. L’incertitude va avoir un effet négatif sur les investissements étrangers en Grande-Bretagne. Les prix de certains avoirs financiers seront affectés, comme par exemple, l’immobilier. « Mais, potentiellement, l’impact le plus important et le plus direct va frapper la livre sterling qui pourrait dévaluer de plus de 25 % par rapport à l’euro et au dollar. L’impact sur l’inflation sera alors significatif la poussant à plus de 5% », prévient Lukas Daalder. L’attitude de la Banque d’Angleterre sera alors cruciale : va-t-elle laisser tomber la monnaie ou va-t-elle considérer qu’il est nécessaire d’augmenter les taux d’intérêt  pour attirer les capitaux dont cette économie a besoin ? Les marchés boursiers entreront alors dans une période de forte volatilité et le secteur financier en sera la principale victime. Dans ce type de scénario, les actions britanniques souffriront indéniablement. Il y aura sans doute des effets à la baisse aussi sur les marchés d’actions européens et, dans une moindre mesure, aux Etats-Unis et en Asie. La spéculation va sans doute s’accroitre sur les valeurs financières. Nonobstant la hausse des spreads attendue, les obligations pourraient quant à elles bénéficier d’un repli sécuritaire face à la volatilité des marchés boursiers.

Et en Europe ? « Pour l’Europe, nous craignons aussi que d’autres pays songent à une sortie de l’Union et le Brexit provoquera certainement un affaiblissement du pouvoir politique global en Europe », souligne Lukas Daalder. L’euro se renforcera par rapport à la livre sterling mais risque de s’affaiblir face au dollar. « Mais pour l’Europe la plus grande incertitude concernera les spéculations quant à la désintégration de l’Eurozone. Les spreads des obligations périphériques pourraient s’élargir forçant la BCE à réagir pour garder les choses sous contrôle. Le Brexit pourrait aussi avoir des effets sur les élections qui doivent avoir lieu en 2017 aux Pays-Bas, en France et en Allemagne », conclut Lukas Daalder.

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