Qui a dit que les robots de gestion ça ne marcherait jamais ?

Source illustration: Pexels

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« Les robots de gestion ? Ça ne marchera jamais. Les clients veulent et voudront toujours avoir un contact, une relation personnelle avec leur conseiller ». Voilà, ce que l’on a coutume d’entendre de la part de personnes bien installées dans le monde de la gestion traditionnelle. Aveuglés par le confort de leur position, servant une clientèle née au milieu du siècle passé, beaucoup de banquiers privés portent avec satisfaction des œillères qui leur conviennent bien.

Mais il faut se réveiller : les robots de gestion et la gestion discrétionnaire en ligne, ça marche déjà! Qui aurait cru il y a une vingtaine d’années que nous ne nous rendrions plus dans une agence bancaire que quelques fois par an ? La gestion suivra sans aucun doute le même chemin et, si certains clients iront encore chez un banquier privé, d’autres feront gérer leurs avoirs en ligne avec un contact à distance.

Les consultants de la société allemande Techfluence viennent de faire un « maping », une cartographie des robots de gestion en Europe. Ce sont 64 sociétés de gestion en ligne qui ont ainsi été répertoriées en Europe.

 

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Source Techfluence

Les robots de gestion sont des outils de gestion digitaux basés sur des algorithmes destinés à une clientèle qualifiée d’affluente. Ce service offre une gestion de portefeuille de façon discrétionnaire à partir de montants faibles (5.000 voire 1.000 euros) avec des coûts nettement plus faibles que ceux pratiqués par les banquiers privés classiques. «La gestion privée digitale est un secteur des FinTechs qui exige beaucoup de patience. Patience de toutes les parties prenantes : les fondateurs, l’équipe de gestion, les clients et les investisseurs. En effet, la confiance et les performances en gestion ne se construisent pas en une nuit », estime Michael Mellinghoff de chez Techfluence. La gestion de fortune qu’elle soit traditionnelle ou en ligne ne peut pas se concevoir comme un service à court terme. Dans ce secteur, on commence à analyser les « track records », les performances, sur un horizon de minimum trois ans. Mais trois ans, c’est long dans le domaine digital ! Cependant, certains robo advisors ont déjà un tel track record aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne.

En Europe, sans surprise, c’est Londres qui est le centre de cette nouvelle finance avec 15 des 18 sociétés britanniques qui sont localisées dans cette ville. La firme la plus importante et la plus connue dans ce pays est Nutmeg qui a collecté près de 650 millions de livres sterling sous gestion. En Allemagne, il y a une offre plus large avec 23 sociétés qui offrent ce type de services mais elles sont moins concentrées et davantage réparties dans tout le pays. En Belgique, Keytrade Bank, MeDirect et Easyvest sont des acteurs qui commencent à prendre leur place sur le marché de la gestion discrétionnaire en ligne.

Evidemment, dans le secteur de la gestion de fortune, le nombre de robots est encore faible par rapport au nombre de firmes actives en Europe dans la gestion traditionnelle et la captation de clients par ces nouveaux acteurs ne se fait pas aisément. « Les avantages des services en investissement digital sont tellement convaincants en termes de services et de coûts pour les investisseurs, que nous entrevoyons à long terme une forte croissance des acteurs présents dans ce secteur ainsi qu’une forte croissance des actifs sous gestion surtout lorsque de nouvelles technologies seront disponibles », ajoute Michael Mellinghoff. La faiblesse des taux d’intérêt fournit aussi une belle opportunité de développement pour cette nouvelle offre en investissement. « Les clients en private banking sont aussi attirés par le modèle des robots de gestion. Ce n’est pas surprenant que cette clientèle qui a les connaissances et l’expérience comprenne l’impact des coûts de gestion sur la performance du portefeuille. A notre avis, ce n’est plus qu’une question de quelques années et les robots de gestion deviendront un standard dans la gestion des actifs », conclut Michael Mellinghoff. Qui a dit que ça ne marcherait pas ? Ceux qui manquent de vision d’avenir sans doute !

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