Quels sont les mots qui ont fait le buzz en 2015 ?

Source Pexels

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Par BNP Paribas Investment Partners

La fin de l’année est souvent l’occasion de dresser des listes. C’est aussi le moment où l’on fait le bilan et où l’on se demande si l’année à venir s’inscrira dans la continuité. Chaque année charrie son lot de mots reflétant des événements ou des thèmes particuliers – autrement dit, l’air du temps. Passionnés de l’actualité des services financiers et de la gestion d’actifs en particulier, voici une liste des mots qui ont fait le buzz dans ce domaine en 2015.

Conseiller-robot (robo advisor) : Fruits de la révolution numérique, les futurs conseillers-robots sont des conseillers financiers offrant des services de gestion de portefeuille en ligne avec un minimum d’intervention humaine. Ils reflètent bien évidemment l’automatisation à venir du travail, qui selon Martin Ford (auteur de Rise of the Robots, élu livre de l’année par le Financial Times) nécessitera peut-être une « restructuration fondamentale des règles du jeu économique » pour limiter l’impact de l’avènement de la robotique et de l’automatisation.

Chaîne de blocs (blockchains) : Une chaîne de blocs (blockchain) est une sorte de registre numérique dans lequel acheteurs et vendeurs peuvent consigner des transactions. Aucun groupe n’exerce de contrôle sur un autre. Décentralisé, ce système rend inutile le recours à des intermédiaires, permettant par exemple de transférer de l’argent instantanément sans passer par une chambre de compensation centrale. Les chaînes de blocs pourraient transformer les activités de compensation centrale et de back-office, ainsi que les paiements transfrontaliers.

Stratégie de sortie (Quantitative easing) : Ce terme est désormais obsolète puisque la Réserve fédérale américaine a relevé ses taux pour la première fois en près de 10 ans. Il nous a accompagnés tout au long de l’année 2015, les marchés ayant eu (parfois) du mal à comprendre si la Fed avait une stratégie pour mettre fin à sa politique de taux d’intérêt quasi nuls.

Normalisation : Après sept années durant lesquelles la Réserve fédérale américaine a maintenu son principal taux directeur à un niveau proche de zéro, on est en droit de se demander en quoi consiste une politique monétaire « normale ». Contrairement aux conseillers-robots, les gérants d’actifs humains sont de grands nostalgiques, qui regrettent le temps où le taux des Fed funds était à 3 %, où les rendements des bons du Trésor américain à 10 ans évoluaient entre 4 et 8 % et où la révolution numérique se limitait à la reconnaissance d’empreintes digitales. Si cette époque est désormais bel et bien révolue, nous rêvons encore de ces « temps normaux » qui ont précédé l’arrivée des rendements obligataires négatifs…

Licorne (unicorn): Terme employé dans le secteur de l’investissement (ou plutôt dans certains segments, les licornes n’étant pas nombreuses dans notre métier), et en particulier dans celui du capital-risque, pour désigner une start-up valorisée à plus de 1 milliard de dollars. L’idée étant que, comme les licornes, ces entités sont rares.

En 2015, certains observateurs ont suggéré, à juste titre, que l’apparence des licornes pourrait refléter leur caractère incontrôlable. Leur existence pourrait donc être le signe avant-coureur de l’éclatement d’une bulle spéculative. Chaque trimestre, le magazine Fortune publie une liste des licornes (la dernière en recense environ 80).

Décacorne : Autre mot à la mode désignant les entreprises valorisées à plus de 10 milliards de dollars, parmi lesquelles figurent Airbnb, Dropbox, Pinterest, Snapchat, Uber et WhatsApp.

Inversion : L’inversion fiscale, ou inversion d’entreprise, n’est rien d’autre qu’une transaction consistant pour une entreprise à devenir la filiale d’une nouvelle maison mère immatriculée dans un autre pays, à des fins d’optimisation fiscale.

Technologie financière ou « Fintech » : La technologie financière est l’activité consistant à utiliser des logiciels pour fournir des services financiers. Les sociétés de technologie financière seraient en passe de renverser les établissements et systèmes financiers traditionnels en place, basés sur les technologies de l’information.

Économie du partage/Économie des petits boulots/Services collaboratifs : Vous en savez déjà probablement assez sur ces concepts. Disons simplement qu’ils s’inscrivent dans le cadre d’un nouveau modèle économique appelé à remplacer celui de l’État providence, de l’emploi à vie et de la retraite par répartition dont a bénéficié la génération précédente.

« Lowflation » ou inflation ultra-faible : Terme créé par le FMI pour désigner un environnement de désinflation s’accompagnant d’un risque de déflation. Omniprésente en 2015, la « lowflation » pose problème dans la mesure où une période prolongée d’inflation ultra-faible diminue potentiellement l’ancrage des anticipations d’inflation. Lorsqu’ils commencent à anticiper des taux d’inflation durablement bas, les ménages peuvent être amenés à reporter leurs achats, ce qui constitue un premier pas vers la déflation. Or, comme Ben Bernanke l’a fait remarquer il y a longtemps, le meilleur moyen de sortir de la déflation est encore de ne pas y entrer.

Inflation mondiale : Terme renvoyant à l’idée que, du fait de la mondialisation, l’économie domestique constitue de moins en moins la principale source d’inflation et que l’inflation est de plus en plus dictée par des facteurs mondiaux. L’usage de ce terme est devenu plus courant en 2015 lorsqu’il est apparu que dans une économie mondialisée, l’influence que les banques centrales peuvent exercer sur les taux d’inflation est potentiellement limitée.

Domination monétaire : Le 3 décembre, la Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une expansion de son programme d’achats d’obligations et a baissé ses taux d’intérêt, déjà négatifs. Ces mesures ont toutefois déçu les marchés. Certains se sont même demandé si Mario Draghi, le magicien de la BCE, n’était pas en train de perdre la main. Ce dernier n’a pas tardé à réagir. Dès le lendemain, lors d’un bref discours donné à l’Economic Club de New York, il a rappelé à son auditoire que la BCE agissait clairement « dans le cadre de la domination monétaire ». Autrement dit, la BCE a les moyens et le mandat pour faire tout ce qu’il faut pour empêcher la stagnation et la déflation. Attention, Super Mario va passer à l’action

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