Bientôt la fin de la monnaie papier ?

Photo007#1Lors de vos achats quotidiens, combien de fois payez-vous encore avec des billets de banque ? Et si, dans ce cas, vous aviez eu le choix entre payer en espèces ou effectuer le paiement par un autre moyen que la monnaie papier, l’auriez-vous fait ? Pourriez-vous vivre une semaine sans moyens de paiement électroniques? Aujourd’hui, le consommateur peut exécuter ses paiements par différents canaux. La technologie ne cesse d’évoluer et propose des alternatives de plus en plus agréables, interactives et faciles d’utilisation.

Au-delà du home banking ou du paiement par cartes, les paiements par téléphones mobiles se répandent. Des applications comme Lydia permettent de solder et de régler ses comptes entre amis en un coup de pouce sur son Smartphone. Les monnaies virtuelles comme le Bitcoin se développent et permettent d’effectuer des paiements partout dans le monde de façon instantanée. Visa Europe vient d’annoncer avoir passé le cap des 3 milliards de transactions sans contact en Europe sur les 12 derniers mois, soit le triple par rapport à l’année précédente sur la même période. Toutes ces évolutions sonneront-elles la mort des billets de banque ? Est-ce que nous nous dirigeons vers une société cashless ? Notre Smartphone deviendra-t-il aussi notre portefeuille, notre e-wallet?

Une récente étude (mai 2016) menée à l’échelle européenne par Fujitsu sur 7.000 répondants montre qu’un tiers d’entre eux ont déjà adopté des moyens de paiement mobiles et qu’un cinquième de ces consommateurs utilisent déjà des objets connectés ou la cryptomonnaie pour payer leurs achats. La banque en ligne reste le canal le plus populaire en Europe. Cependant, même si les moyens de paiement électroniques gagnent du terrain, la monnaie papier n’a pas encore dit son dernier mot. Selon cette étude, 44% des consommateurs payent encore leurs achats en espèces. Mais les consommateurs sont demandeurs de nouvelles applications comme les paiements par téléphone mobile (32% les ont déjà adoptés).
Dans l’univers de ces nouvelles technologies, c’est l’offre qui crée le besoin. A chaque nouvelle possibilité offerte, les consommateurs sont preneurs si cette innovation rend l’interaction avec le banquier plus pratique. Cette attitude favorable face à la numérisation va parfois très loin. Un cinquième des consommateurs se déclarent ainsi prêts à acheter des services bancaires à Google, Amazon ou Facebook !

Cependant, les canaux traditionnels restent encore utilisés. Les banques devront donc faire preuve de souplesse pour permettre à leurs clients d’utiliser le canal qu’ils préfèrent. « S’il ne fait aucun doute que l’on se dirige vers un monde numérique, cela ne veut pas dire que les canaux traditionnels vont, ou doivent, disparaître Pour les consommateurs, la numérisation est simplement un nouveau moyen de communiquer, que ce soit avec leur banque, leur compagnie d’assurance ou leur détaillant préféré, de la manière qui leur convient le mieux. Les méthodes « traditionnelles » et l’interaction en face à face ont toujours leur place dans la banque et l’assurance d’aujourd’hui. Les fournisseurs qui réussiront seront ceux qui moderniseront leur back-office en y intégrant ces différents canaux pour créer « les banques et les compagnies d’assurance du futur » pour offrir ainsi à leurs clients toutes ces options», souligne François Fleutiaux, vice-président et directeur des ventes EMEIA de Fujitsu. Les billets et pièces de monnaie ont donc encore un avenir, mais pour combien de temps ? Se posera alors la question de l’inclusion financière, à savoir, comment intégrer les populations les plus défavorisées dans un système très technologique ?

Du côté des banques, l’innovation doit être au cœur de leurs préoccupations. « Le secteur des services financiers doit continuer à s’appuyer sur le succès du numérique et à innover en permanence. Pour réussir, et sortir du lot face à une concurrence accrue, il doit investir dans la modernisation de ses infrastructures et collaborer avec l’ensemble du secteur pour stimuler l’innovation. Travailler avec le secteur et les fournisseurs, les banques et les compagnies d’assurance permettra aux nouveaux canaux, services et technologies d’être massivement adoptés. Enfin, les consommateurs veulent du changement ; le secteur des services financiers d’aujourd’hui doit répondre positivement et d’un même élan à cette demande, sous peine de tomber dans l’oubli », conclut François Fleutiaux.

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3 réponses à Bientôt la fin de la monnaie papier ?

  1. Est-ce si nouveau que ça cette tendance à abandonner le « cash »? La masse monétaire M3 qui constitue l’argent en circulation dans notre économie, est depuis de nombreuses années essentiellement représentée sous forment de 0 et de 1, sur des ordinateurs. Pour l’essentiel la monnaie scripturale se résume à des opérations informatiques. Il n’y a que 5% de la masse monétaire qui est matérialisée sous forme de papier et de métal… En fait, l’Euro, le Dollar et toutes les monnaies monopolistiques sont finalement à 95% aussi virtuelle que les cryptomonnaies telle que le Bitcoin.

    L’autre transformation qui s’annonce, c’est la manière dont les opérations sont contrôlées et enregistrées. Avec l’avènement du Bitcoin, tout est devenu public et chaque transaction fait l’objet d’une écriture dans un « livre » gigantesque, mondialement et publiquement accessible en tout temps et en tout lieu… Des algorithmes de chiffrement et de sécurité assurent la cohérence de l’ensemble et l’infalsifiabilité des transactions. Il n’y a plus lieu de passer par un organisme de contrôle. C’est l’ère du tout « décentralisé »…

    Et ce n’est encore qu’un début… Déjà, d’autres protocols comme Etherium, s’affichent comme des successeurs au Bitcoin. Avec en prime, une capacité d’étentre le domaine d’application au-delà de la sphère financière et monétaire. Etherium est comme un ordinateur mondiale, entièrement décentralisé… Les applications et les données le sont égalements, et l’Ether, une nouvelle cryptomonnaie, en est le carburant.

    Les institutions financières ont tout intérêt à ne pas rater le train qui est en marche… Le changement est déjà en cours… Quel avenir mes amis!

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