Les valeurs européennes : la grosse erreur des stratégistes

Il y a tout juste un an, les économistes et stratégistes chantaient les louanges des valeurs européennes. Ces actions étaient présentées comme l’investissement phare pour l’année 2016. Un an après, le constat est le suivant : les fonds investis en actions européennes sont ceux qui ont le moins bien performé en 2016 !

Certes, un investissement en actions doit se concevoir sur le long terme mais comment explique-t-on une telle débâcle ? « Début de l’année 2016, suite aux conseils des stratégistes et une appréciation du billet vert par rapport à l’euro de quasi 12 % en 2015, les investisseurs étaient massivement surpondérés en actions européennes. Mais l’appréciation de la monnaie unique de 6 % contre le dollar durant les cinq premiers mois de 2016 et la chute vertigineuse du marché chinois ont semé le doute. L’Europe, après tout, est plus exposée aux marchés émergents via nos exportateurs que le sont les Américains », explique Frank Vranken, stratégiste chez Puilaetco Dewaay Private Bankers. Bernard Keppenne, Chief economist chez CBC Banque et Assurance explique cette situation par cinq facteurs principaux. « Le premier est l’élément politique. La situation en Italie, l’absence de gouvernement en Espagne et surtout le Brexit étaient inattendus et ont eu une influence très négative sur les bourses européennes. Ensuite, les bénéfices des entreprises ont été meilleurs aux Etats-Unis qu’en Europe, ce qui a drainé les capitaux vers les marchés Outre-Atlantique », souligne cet économiste. Il faut encore relever les mauvaises performances du secteur bancaire européen qui a un poids très important dans les indices. La faiblesse des introductions en bourse et des opérations de fusions et acquisitions ont également plombé les marchés boursiers en Europe. Tous ces éléments ont contribué à la faiblesse des bourses européennes. Le rebond tant promis des bénéfices par action ne s’est pas produit et le Brexit a fini par éteindre tout espoir de sursaut de ces marchés.

Oserait-on encore faire des projections pour 2017 ? Les économistes et stratégistes s’y aventurent. « Nous conseillons toujours ces valeurs en portefeuille sans toutefois les surpondérer. L’Europe profitera sans doute de l’effet Trump. L’augmentation de la croissance mondiale devrait être favorable pour les entreprises européennes », estime Bernard Keppenne. Il semblerait que l’on ait renoué avec la croissance des bénéfices par action et la faiblesse de l’euro face au dollar devrait, en 2017, soutenir l’économie du vieux continent. « Il reste cependant des menaces comme les élections en Europe et une fin avancée du programme d’achat de la BCE. Tout compte fait, je suis prudemment optimiste », conclut Frank Vranken. Un optimisme pondéré auquel souscrit également Bernard Keppenne qui rappelle que les fondamentaux des entreprises européennes sont bons avec un endettement faible, une amélioration des bénéfices et des indicateurs de confiance bien orientés. Rendez-vous dans un an !

Source des données chiffrées: Morningstar

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