La tendance au ralentissement de la croissance bénéficiaire des entreprises semble se poursuivre

par défaut 2014-09-24 à 18.21.04Par Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg

Après le rebond en février et mars, les marchés boursiers ont peu évolué en avril. Sur l’ensemble du mois, le S&P 500 aux Etats-Unis, le Stoxx 600 en Europe et le MSCI Emerging Markets (en USD) ont légèrement progressé, alors que le Topix au Japon a un peu reculé. Etant donné que la plupart des entreprises sont devenues maîtres dans l’art de la gestion des attentes des analystes, la saison de publication des résultats amène de moins en moins de surprises. La tendance générale au ralentissement de la croissance bénéficiaire semble se poursuivre. Le principal facteur de soutien des bourses demeure l’absence d’alternatives, même si la détérioration des fondamentaux économiques devient de plus en plus menaçante.

La stabilisation de l’activité en Chine résulte de mesures de stimulation publiques. Même si l’économie mondiale reste sur le chemin de la croissance, les différentes régions ont affiché des performances divergentes au cours des dernières semaines. Alors qu’au premier trimestre, la croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) américain a ralenti en raison de la faiblesse des investissements et des exportations, le PIB chinois a monté. Néanmoins la stabilisation de l’activité en Chine résulte une fois de plus de mesures de stimulation publiques renforçant le problème du surendettement au sein du pays.

En Europe, la croissance conjoncturelle demeure stable malgré la multitude des crises politiques. Au Japon, la reprise économique visée à travers le programme des ‘Abenomics’ ne semble pas se réaliser. En Europe, un changement de la politique monétaire fortement accommodante n’est pas en vue.

Conformément aux attentes, la Réserve fédérale américaine a laissé inchangés ses taux directeurs lors de sa réunion d’avril. La présidente Janet Yellen s’est laissé les portes ouvertes à une éventuelle hausse des taux en cours d’année, tout en restant très réservée quant à la probabilité d’un tel mouvement. En Europe, le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a justifié le bien-fondé de la politique de taux négatifs suite aux nombreuses critiques qui lui ont été adressées au cours des dernières semaines. Un changement de la politique monétaire fortement accommodante n’est pas en vue.

Les obligations d’Etat européennes pourraient continuer à s’apprécier malgré les rendements bons voire négatifs. En avril, les taux de rendement sur les marchés obligataires se sont légèrement tendus. Sur l’ensemble du mois, les taux de l’emprunt d’Etat à 10 ont augmenté en Allemagne, en Italie, en Espagne et aux Etats-Unis. En Europe, le principal attrait des marchés obligataires résulte de la perspective de taux d’intérêt encore plus négatifs qui pourraient être implémentés à grande échelle par la Banque centrale européenne dans le courant de 2016. Aux Etats-Unis, le niveau plus élevé des rendements obligataires sur les émissions longues leur confère un potentiel d’appréciation résiduel sans devoir tabler sur des rendements à échéance négatifs.

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