Quel sort pour les pensions et compagnies d’assurance dans un environnement de taux bas?

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Les compagnies d’assurances et les fonds de pension qui offrent des produits de placement à long terme, comme des produits dans les deuxième et troisième piliers des pensions, doivent faire face à un environnement difficile. Alors que les taux d’intérêt ont atteint des minima historiques, les engagements de ces institutions sont parfois définis sur le long terme. Comment manœuvrer dans ce contexte ? Comment font-elles pour vous garantir un rendement décent à l’échéance de votre pension ? La recette se résume en trois mots : diversifier, diversifier, diversifier…

Que s’est-il passé sur le marché obligataire suite à la baisse des taux d’intérêt ? D’une part, la valeur des obligations existantes a augmenté et les fonds investis en obligations ont bien performé. Par ailleurs, dans un environnement de taux bas, les émetteurs proposent des émissions de plus longue durée pour pouvoir emprunter à taux bas le plus longtemps possible. « Le marché obligataire s’est donc fortement développé avec des nouvelles émissions, les durées se sont allongées et les émetteurs se sont diversifiés. En effet, dans les années 90 les émissions étaient surtout lancées par les Américains (61% contre 39% aujourd’hui). A l’heure actuelle, ce sont surtout les marchés développés en-dehors des Etats-Unis qui prennent le relais avec les pays émergents. Les émissions en provenance des marchés émergents sont ainsi passées de 1% du total des émissions à 17% aujourd’hui», note Sorca Kelly-Scholte, Head of EMEA Pensions solutions chez J.P. Morgan AM.

La baisse des taux d’intérêt a aussi provoqué un changement dans la composition des portefeuilles des institutionnels. J.P. Morgan fait état que ces portefeuilles étaient constitués de 60% d’actions et de 40% d’obligations en 2000. Ces proportions se sont inversées aujourd’hui : on en est à 40% d’actions et 60% d’obligations en portefeuille. « Les assureurs européens investissent largement dans des produits de taux à échéance fixe qui sont vulnérables à la hausse des taux », constatent les analystes de J.P. Morgan AM. Ces assureurs européens sont pris entre les effets de la politique monétaire accommodante (baisse des taux) et les exigences et contraintes des régulateurs (Solvency II). Ces compagnies seront donc soumises à d’extrêmes tensions qui vont requérir des solutions complexes. « Certaines restructureront leur offre bénéficiaire à travers des garanties plus faibles quand d’autres auront dégagé suffisamment de surplus pour passer l’hiver », constatent les analystes de J.P. Morgan. Le déclin des rendements constitue un fameux vent contraire pour la profitabilité des assureurs. Ils doivent faire face à des rendements plus faibles, une plus grande incertitude sur les marchés et une diminution de la tolérance au risque.

Dans ce cadre, les compagnies d’assurance doivent diversifier leurs portefeuilles. Comment ? En se tournant vers des crédits plus rémunérateurs en termes de taux d’intérêt (high yield, dette émergente), en investissant dans des actifs réels comme les infrastructures ou l’immobilier, ou en utilisant des stratégies alternatives. Dans l’évolution des portefeuilles, la diversification géographique peut aussi être une source de valeur. Les pays émergents offrent des possibilités accrues grâce aux réformes qui ont été engagées sur ces marchés. En conclusion, on peut dire que cela a encore du sens d’épargner pour sa pension ou sur le long terme mais que la diversification apportera une rentabilité supérieure en allégeant les risques. La granularité des portefeuilles est donc beaucoup plus importante que par le passé. La crise a laissé des traces dans les portefeuilles pour encore un certain temps.

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