La récente remontée des bourses est basée une fois de plus sur des fondements fragiles

par défaut 2014-09-24 à 18.21.04Par Guy Wagner, Chief Investment officer de la Banque de Luxembourg

Dans la mesure où il devient de plus en plus évident que la politique monétaire expansive des banques centrales ne conduit pas à une relance durable de l’activité économique, la récente remontée des bourses est basée une fois de plus sur des fondements fragiles.

L’économie mondiale continue de croître à un rythme modéré.

Aux Etats-Unis, la croissance de l’activité provient principalement de l’augmentation du revenu disponible des ménages, à la suite du recul des prix pétroliers, du comportement favorable du marché de l’emploi et de la légère accélération des salaires, alors que les investissements des entreprises tendent à faiblir. En Europe, le taux de croissance économique demeure faible mais positif. Au Japon, l’accélération attendue des salaires ne se réalise pas, ce qui augmente la probabilité d’un nouveau programme de soutien du gouvernement malgré le niveau excessif de la dette publique. L’élargissement du programme d’assouplissement monétaire en Europe et les propos réservés de Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale américaine, concernant des hausses futures de taux d’intérêt aux Etats-Unis ont amené les investisseurs à reprendre des positions dans les actifs à risque. L’indice américain S&P 500 a même terminé le premier trimestre dans le vert, alors que les autres indices sont restés en territoire négatif. Dans la mesure où il devient de plus en plus évident que la politique monétaire expansive des banques centrales ne conduit pas à une relance durable de l’activité économique, la récente remontée des bourses est basée une fois de plus sur des fondements fragiles.

De nouvelles mesures d’assouplissement monétaire en Europe

Suite à la faiblesse de l’inflation en Europe, le président de la Banque centrale européenne Mario Draghi a annoncé de nouvelles mesures d’assouplissement monétaire en mars. Ainsi, il a baissé son principal taux directeur de 0,05 % à 0 %, il a augmenté le volume de rachat de titres de dettes de 60 à 80 milliards d’euros par mois et a élargi le programme de rachat à des obligations d’entreprises de bonne qualité. Enfin, il a baissé le taux de dépôt des banques auprès de la Banque centrale et a lancé un nouveau programme de prêts permettant aux banques de se financer à des conditions très favorables si elles prêtent à leur tour à l’économie.

Ne pas compter sur un renforcement supplémentaire de l’euro à court terme

En mars, l’euro s’est apprécié par rapport au dollar. Les propos réservés de Janet Yellen concernant des hausses futures de taux d’intérêt aux Etats-Unis ont pesé sur le billet vert et ont ramené le taux de change euro/dollar dans le haut de la fourchette de fluctuation des 12 derniers mois. L’élargissement du programme d’assouplissement monétaire de la Banque centrale européenne ne plaide pas pour un renforcement supplémentaire de l’euro à court terme.

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