Préparez-vous à travailler autrement !

people-coffee-tea-meeting-mediumParmi les nouveaux paradigmes économiques qui émergent, les évolutions qui marquent et marqueront le monde du travail bouleverseront les liens entre les différents acteurs économiques. En raison de l’évolution technologique, certains métiers vont disparaître alors que d’autres activités vont être créées. La façon de concevoir le travail va également être profondément bouleversée. Dans certains cas, les liens de subordination s’estomperont et le bureau, comme lieu central qui regroupait l’activité économique de l’entreprise, va lui aussi évoluer. Les jeunes générations vont instaurer de nouvelles vues quant aux rapports qui s’établissent dans le monde du travail. Préparez-vous donc à des changements profonds dans ce domaine.

Plusieurs métiers

La façon dont le travail est exercé subit des changements. Le contrat à durée indéterminée n’est plus la norme absolue. En France, par exemple, on assiste à une augmentation du nombre de CDD. Le travail intérimaire est aussi en progression et l’on parle aujourd’hui de mettre sur pied des contrats à durée indéterminée en travail intérimaire ! Le paradoxe est à son comble. Se dirige-t-on, dès lors, vers la fin du salariat ? L’emploi salarié à plein temps est-il en voie de disparition ? Cette forme de lien de travail subsistera mais on constate une augmentation du nombre d’actifs non-salariés. Beaucoup de métiers s’exercent en freelance, comme indépendants. Dans ce cadre, les gens exercent des métiers parfois différents ou le même métier pour différents « employeurs ». Les gens exercent de plus en plus souvent plusieurs métiers. En 2014, 200.000 Belges étaient dans ce cas. C’est ce que l’on qualifie d’activité complémentaire. On trouve dans cette catégorie, des personnes qui, avant de se lancer, veulent tester une activité d’indépendant. D’autres exercent une activité complémentaire pour « arrondir leurs fins de mois ». Dans cette catégorie, on trouve également des seniors qui n’entendent pas arrêter complètement de travailler lorsque sonne l’heure de la retraite. L’économie collaborative (ou de partage) change également la nature des jobs. Les plateformes collaboratives qui mettent en contact directement les clients avec les prestataires de services ouvrent la porte à l’émergence de petits jobs, très souples qui permettent de travailler quand on veut en freelance.

La technologie change la donne

Le développement des technologies va entraîner la disparition de métiers basés sur des tâches répétitives ou qui peuvent être facilement intégrées dans des algorithmes. Il ne s’agit pas uniquement de métiers manuels mais également de tâches administratives. L’espace de travail évolue aussi en fonction des technologies. Aujourd’hui, les gens sont hyper-mobiles et hyper-connectés. L’espace de travail a ainsi plusieurs évolutions au cours des décennies. On est passé des bureaux individuels des années 60 aux espaces ouverts (open space). Aujourd’hui, beaucoup d’employés n’ont plus « leur » bureau mais ils bénéficient d’un endroit, d’une place dans les bâtiments de leur employeur pour se poser entre deux rendez-vous. Pour les freelances, le nomadisme et le développement du co-working déplacent l’espace de travail et le décentralisent. Les espaces de co-working permettent aux travailleurs nomades de louer des bureaux pour aller y travailler ou y rencontrer d’autres personnes. Ces nomades ont un bureau virtuel et peuvent exercer leur activité n’importe quand et de n’importe quel endroit du moment qu’ils soient en possession d’un ordinateur portable, d’une connexion Internet et d’un téléphone mobile. Grâce aux technologies, on assiste ainsi à un éclatement des notions spatio-temporelles du travail.

De génération en génération

Un autre élément vient bouleverser les relations de travail. Aujourd’hui, quatre générations sont actives dans l’entreprise et une cinquième pointe le bout de son nez. Cette dernière, la génération appelée « Z » est née avec les réseaux sociaux, les applications mobiles, Youtube, Facebook, Google,… Le digital est une façon de vivre, une culture dans laquelle la connaissance est à la portée de tous ceux qui sont connectés. Le progrès technologique est très rapide et, dans l’entreprise comme à la maison, il n’est pas rare que ce soit les jeunes qui éduquent les anciens dans ce domaine. De ce fait, les relations dans l’entreprise deviennent plus collaboratives, moins hiérarchiques. Les millenials (nés entre 1980 et 1994) constitueront plus de la moitié de la force de travail en 2050. C’est une génération qui connaît davantage la précarité et l’anxiété que celles de ses parents ou grands-parents. On constate également que les jeunes générations cherchent à donner davantage de sens à leur activité professionnelle. « Au-delà de la recherche d’un certain équilibre vie professionnelle – vie privée ou des causes qu’ils entendent servir, ils veulent d’abord et surtout répondre à la question du pourquoi », estime Gérald Karsenti, CEO de Hewlett Packard France.

La notion même de travail est donc en train de connaître une mutation profonde. Dans ce développement, la fiscalité, le calcul des charges sociales, des pensions et les diverses formes de taxation devront s’adapter à cette évolution. Cette évolution du cadre légal devra tenir compte de la protection des travailleurs tout en veillant à ne pas freiner une évolution irrémédiable de l’économie.

Cet article vous a intéressé ? Consultez aussi :

Comment remettre des valeurs au sein de l’économie ?

Qui sont les travailleurs âgés ?

Femmes prenez votre place !

Ce contenu a été publié dans Actualité, Entrepreneur à la une, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Préparez-vous à travailler autrement !

  1. Les contrats de travail évoluent, en effet. Ainsi, au-travers mes multiples « missions », j’ai pu constater que les freelances deviennent les nouveaux « cols bleus » et que les CDI se limitaient de plus en plus aux postes à « responsabilité ». Ce changement laisse craindre une forme de précarisassions du petit travailleur.

    Par contre, la structure hiérarchique des postes à responsabilité, elle, n’évolue qu’au gré de quelques restructurations, fusions, acquisitions… Mais dans tous les cas, elle ne perd pas en complexité. Le modèle pyramidal avec d’innombrables étages de « responsabilité » est toujours bien fermement ancré dans l’esprit des grosses entreprises.

    La perspective d’une société où le monde de l’entreprise serait organisé de telle sorte que seul la hiérarchie disposera d’un CDI et où les travailleurs seront contraints à des CDD ou à devenir freelances, m’effraie quelque peu.

    Etant moi-même freelance, je constate par ailleurs une certaine inertie au changement dans ces grosses entreprises. Qu’il soit freelance ou sous CDD, le petit travailleur doit toujours se déplacer jusqu’à son entreprise alors que la technologie permet pour beaucoup de fonctions de travailler à distance.

    A quoi rime encore d’exiger que les travailleurs qui passent 8h assis devant leur ordinateur, fassent le déplacement tous les jours pour travailler dans les locaux de l’entreprise. Ne dispose-t-on pas de toute la technologie nécessaire pour télé-travailler ? L’accès à l’Internet s’est généralisé et les techniques de chiffrement assurent des connexions sécurisées de point à point.

    Selon moi, cette inertie s’explique surtout par cet obsessionnel besoin du « manager » de regarder par-dessus l’épaule de ses sous-fiffres pour se sentir rassurer.

    Obsession doublement futile. Premièrement, parce que si le travail n’est pas exécuté en temps et en heure, le sous-fifre devra de toute manière s’en expliquer. Ensuite, parce qu’il n’est pas rare que la technique qu’use le petit travailleur échappe à la compréhension de son supérieur.

    Le télé-travail ne pénétrera pas plus dans les entreprises tant que les « managers » souffriront d’un manque de confiance et d’une sorte de paranoïa envers leurs subalternes.

    Il va falloir attendre le rajeunissement des « managers » et espérer que les remplaçants ne souffriront pas du même mal.

Les commentaires sont fermés.