Pourquoi peut-on se réjouir de la hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis ?

IMG_0419En décembre 2015, la banque centrale américaine augmentait ses taux directeurs de 0,25% en les portant à 0,50%. Cette décision était attendue depuis un certain temps déjà et l’on se souvient qu’en septembre dernier, le report de cette annonce de hausse avait fait l’objet de nombreux reproches à l’encontre de sa présidente Janet Yellen. Désormais, la tension conséquente à cette attente se relâche. « Aujourd’hui, de nombreux investisseurs ont accueilli favorablement la fin du suspense concernant le moment de cette hausse de taux », relèvent les analystes de Legg Mason. On s’attend à une hausse graduelle et lente des taux directeurs américains au cours des douze prochains mois avec un taux qui devrait atteindre un maximum de l’ordre de 1,375%.

Cette nouvelle est réjouissante à plus d’un titre. « Cette hausse donne un signal fort d’une économie américaine robuste. Elle est, par ailleurs, justifiée par un marché de l’emploi qui frise le plein emploi avec un taux de chômage limité à 5% », note Bernard Keppenne, Chief economist chez CBC Banque. Cette baisse du chômage s’accompagne par ailleurs d’une hausse des salaires qui constituera un soutien pour la croissance économique de ce pays. Cela procure également un certain soulagement chez les épargnants qui voient la rémunération de leur épargne se valoriser. Cette hausse qui intervient enfin était aussi nécessaire pour renforcer la crédibilité de la banque centrale américaine. Après moultes effets d’annonce, il était temps qu’elle se concrétise. On peut également s’attendre à un renforcement des entreprises de qualité au détriment des sociétés moins rentables. « Les bonnes sociétés ne seront pas trop pénalisées par cette hausse de taux mais les plus fragiles en souffriront. Cette nouvelle donne va également attirer davantage de capitaux vers les Etats-Unis. Seul inconvénient : cela se fera par des mouvements importants de capitaux qui quitteront les pays émergents », souligne Bernard Keppenne.

Selon les analystes de Legg Mason, le fait que la hausse des taux sera lente et graduelle continuera à soutenir le marché des fusions et acquisitions et sera, de ce fait, un support pour les marchés d’actions en général. Globalement, la hausse des taux directeurs de la Fed est donc une bonne nouvelle.

Et en Europe ? Les politiques menées par les banques centrales sont assez divergentes. La BCE a diminué ses taux de dépôts des banques en ses livres. Ces taux sont désormais négatifs de 0,30%. Elle a annoncé qu’elle prolongerait son programme de rachat d’obligations jusqu’en mars 2017 et qu’elle prendra sans doute d’autres mesures si l’inflation n’atteint pas son objectif de 2%. « Or, on est loin de cet objectif, dans la mesure où, aujourd’hui, l’inflation est de 0,2% alors qu’on s’attendait à 0,3%. La BCE va donc agir, mais que peut-elle faire encore ? », se demande Bernard Keppenne. La situation en zone euro dans les prochains mois devrait donc ressembler à celle de 2015 : on restera dans un scénario positif avec un prix du baril de pétrole faible, un euro faible par rapport au dollar et des taux d’intérêt au plancher.

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