Comment investir dans l’environnent actuel ?

DSCN0388L’environnement économique n’est pas très réjouissant. Comment investir dans un environnement de taux zéro ? Tel était le sujet du petit déjeuner financier organisé par La Libre et le blog MoneyStore en partenariat avec la Banque ING. Pour répondre à ces questions, deux experts ont confronté leurs vues sur les fondamentaux économiques et les marchés : Serge Wibaut, Economiste Professeur à l’Université Saint-Louis et Thierry Masset, Chief Investment Officer chez ING Belgique.

S’il y a encore de la croissance dans le monde, elle est répartie de façon très inégale. L’activité augmente mais faiblement dans les pays développés et elle ralentit dans certains pays émergents. « En Chine, la croissance est en berne, mais reste cependant à un niveau de 5%. Cela crée de nombreux chômeurs et un exode des villes vers les campagnes. Ma crainte pour ce pays, et pour certains pays asiatiques, est de voir apparaître des troubles sociaux non négligeables », prévient Serge Wibaut. En marge de l’inflation faible, des taux d’intérêts proches de zéro (voire négatifs), cet économiste relève aussi le « choc pétrolier à l’envers » que nous connaissons aujourd’hui. « Il faut voir le contexte global de la crise. Nous connaissons une crise lourde. En général, ce genre de crise dure entre 15 et 20 ans et nous sommes à la moitié du parcours. Cela va prendre du temps avant que nous en sortions », admet Serge Wibaut.

Dans ce contexte, la construction d’un portefeuille exige une certaine agilité. Le niveau des taux d’intérêt doit-il engendrer une position de repli face à l’épargne au profit d’investissement en actions et en obligations ? « Il faut d’abord bien distinguer l’épargne de précaution qui est nécessaire pour parer aux imprévus. On peut donc garder une partie de son patrimoine sur les comptes d’épargne. Pour les autres investissements, nous gardons le même message depuis quatre ans : les rendements en actions restent les plus intéressants », estime Thierry Masset. Les valorisations sont relativement bonnes et il n’y a pas de bulle en vue mais pour que les marchés progressent, il faut du carburant et ce carburant, ce sont les bénéfices. Les rendements annuels à moyen terme espérés sur les marchés ne dépasseront sans doute plus 5 à 6% les prochaines années. « Il faut aussi réaliser que 50% de la performance des actions sur le long terme sont constitués par les dividendes, l’autre moitié l’est par la progression des cours de bourse », ajoute Thierry Masset.

Le portefeuille doit de concevoir en fonction du profil de risque de l’investisseur mais, globalement, ce stratégiste reconnaît que ses choix sont plus défensifs que par le passé. Les obligations à haut rendement ne font plus l’unanimité, la protection contre le risque étant privilégiée par les temps qui courent. Dans l’univers des actions, les choix se portent sur les entreprises de bonne qualité, dans des secteurs plus défensifs et vers les grandes capitalisations. « L’environnement actuel est vraiment spécial et nous sommes inquiets face aux réactions impulsives et épidermiques sur les marchés », avoue Thierry Masset. Dans ce cadre, la diversification est un élément très important. « Il ne faut cependant pas diversifier à l’excès car trop de diversification tue le rendement. Il y a encore de très bonnes sociétés qui passent à travers les cycles », conseille Serge Wibaut. En conclusion, l’investisseur devra encore faire preuve d’agilité en surfant sur les vagues de volatilité. Il peut aussi garder des liquidités en vue de profiter des opportunités qui se présenteront dans les moments de fortes baisses.

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