Investir en 2017 avec prudence et modération 

L’année 2017 s’annonce sous des auspices plutôt incertains. Il faudra revoir ses investissements en conséquence.

Pour le dernier petit déjeuner financier de l’année, La Libre et le blog MoneyStore ont reçu Didier Paquot, Chief economist de l’Union Wallonne des entreprises et Thierry Masset, Chief Investor Officer chez ING Private Banking. Le débat a permis de clarifier la situation économique qui a été fortement influencée par des éléments géopolitiques inattendus tels que le Brexit ou l’accession de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. « Nous avons assisté à une réelle fracture dans la population. Certains se sentent délaissés par les évolutions technologiques et économiques. Leur vote a été, pour eux, une occasion de marquer leur mécontentement vis-à-vis de la classe politique », explique Didier Paquot.

Les mesures annoncées par Donald Trump vont mettre du temps à se réaliser. Le danger serait qu’elles produisent leurs effets dans un contexte économique plus favorable, ce qui entrainerait une relance de l’inflation. « Je crains particulièrement que cela débouche sur une épreuve de force entre Janet Yellen, la présidente de la FED et Donald Trump. Cela risque de provoquer un choc dans l’économie », prévient Didier Paquot. Nous nous dirigeons donc sans conteste vers une situation économique beaucoup plus confuse. Comment intégrer ces événements dans les portefeuilles ? « Il faut suivre tout cela de façon très attentive et éviter toute myopie. Cependant, comme le déroulement de ces événements est incertain, il faut privilégier plusieurs scénarios et les intégrer dans la gestion. Il faut aussi accepter de se tromper », reconnaît Thierry Masset. Le cycle économique évolue. La croissance faible a suivi une période de récession, ce qui n’est pas normal. « Nous avons entrepris trop tard des mesures en matière de politique monétaire et on a raté l’opportunité de lancer des programmes d’infrastructure. Mais, aujourd’hui, l’Europe est plus souple en ce qui concerne les normes budgétaires », reconnaît Didier Paquot.

Dans ce cadre, doit-on craindre une hausse des taux d’intérêt et une baisse importante des valorisations des obligations ? Certains craignent l’éclatement d’une bulle obligataire mais les marchés travaillent toujours par anticipation et les hausses de taux graduelles sont déjà inscrites dans les valorisations obligataires. « Il y a quelques classes obligataires qui permettront de se protéger comme les obligations liées à l’inflation ou les obligations à taux flottant. Nous sous-pondérons nettement cette classe d’actifs dans les portefeuilles pour le moment, sans pour autant les exclure », ajoute Thierry Masset. C’est clairement la prudence qui guidera les investissements de ce stratégiste en 2017. La sous-pondération de la classe obligataire s’accompagne d’une position plutôt neutre sur les actions. Les valeurs défensives ont particulièrement bien performé en 2016 et 2017 sera sans aucun doute plus favorable aux secteurs de l’énergie et de la finance. Le choix de cette maison se porte aussi sur les actions dont les valorisations sont faibles. Dans un climat plutôt incertain, les liquidités sont surpondérées en portefeuille de façon à prendre en compte les risques géopolitiques à venir. Il ne faut cependant pas envisager l’année 2017 de façon pessimiste. La Belgique a une balance commerciale qui s’est bien redressée et il faut que le gouvernement puisse disposer de suffisamment de temps pour implanter les mesures qui favoriseront la relance dans notre pays. « Cette relance se construira sur le développement de la digitalisation qui devrait permettre d’accroître la productivité de notre pays », conclut Didier Paquot. 

 

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