Hit-parade des fonds : Une correction pour les biotechs avant une reprise ?

par défaut 2016-04-08 à 14.30.24par défaut 2016-04-08 à 14.33.00Alors qu’en octobre 2012, les biotechs occupaient le haut du classement, ce début d’année est plutôt catastrophique pour ce secteur. En effet, depuis fin décembre, certains fonds investis dans cette classe d’actifs affichent des performances négatives de l’ordre de 24%. Comment explique-t-on cette chute ?

Ces valeurs sont très volatiles et sont très sensibles à l’évolution de certains facteurs spécifiques. C’est ainsi qu’en 2012, elles étaient supportées par une vague de fusions et acquisitions dans ce secteur, des valorisations intéressantes et une attitude favorable de la Food and Drug Administration (FDA) dans l’octroi des approbations de commercialisation des molécules aux Etats-Unis. En ce début 2016, la donne a changé.

C’est essentiellement l’attitude des investisseurs face à ce secteur qui a été significative dans l’évolution de ces valeurs. « La campagne présidentielle américaine très médiatisée et polarisante avec de nombreuses attaques sur le niveau de prix des médicaments aux États-Unis a été le déclencheur tandis que la liquidité générale des marchés des actions (ou plutôt son absence) a amplifié le mouvement. Quelques signes d’amélioration en termes de performance dans le secteur des matières premières et de l’énergie ont entraîné un début de rotation sectorielle vers certains titres et secteurs de valeur, venant aggraver le problème », explique Rudi Van Den Eynde, Head of Thematic Global Equity chez Candriam.

Il est vrai que le prix des médicaments soulève depuis un certain temps déjà des polémiques et qu’il était temps de réguler ce mécanisme. « Nous pensons qu’en dernier ressort, le prix des médicaments restera à un niveau suffisant pour permettre aux investisseurs d’obtenir un retour sur investissement décent par rapport aux risques pris en matière de financement de la recherche dans le secteur. Aucun politicien, quelle que soit son affiliation, ne souhaite mettre fin aux extraordinaires innovations actuelles », estime Rudi Van Den Eynde.

Ce secteur connaît des hauts et des bas et se redressera certainement, ce qui semble d’ailleurs être déjà le cas début avril. Il est conforté par des facteurs tel que le vieillissement de la population. Cependant, les investisseurs devront encore s’attendre à une volatilité et à des incertitudes. « Les valorisations sont extrêmement intéressantes, le ratio cours/bénéfices des plus grandes capitalisations du secteur se situant désormais en-dessous de celui de l’indice S&P 500, une situation quasiment sans précédent dans l’histoire du secteur. Les bénéfices sont excellents et les nouveaux médicaments n’ont jamais été aussi nombreux, au point même que les investisseurs spécialisés ont du mal à identifier les futurs gagnants parmi autant d’innovations prometteuses. La FDA est également très favorable, avec 45 nouveaux médicaments autorisés en 2015, dont beaucoup issus de la biotechnologie », note encore Rudy Van den Eynde. La corrélation de ces valeurs avec le marché est variable et les investisseurs sont particulièrement sensibles à l’évolution des bénéfices. Aujourd’hui, les valorisations semblent acceptables. Les grandes entreprises du secteur sont relativement peu endettées, certaines d’entre elles bénéficiant même d’un excédent de trésorerie. Au fil du temps, ce secteur a bénéficié de belles performances mais a aussi subi de fortes corrections. Pour y être investi, il faut donc avoir le cœur bien accroché…

Source des données chiffrées : Morningstar

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