Les FinTechs françaises ont le vent en poupe

par défaut 2016-05-06 à 10.43.00Le 3 mai dernier, la communauté France Fintech organisait une journée dédiée aux jeunes pousses disruptives de la finance au Pavillon Gabriel à Paris. Une délégation de FinTech Belgium s’est rendue à cet événement où conférences, pitchs et networking ont permis aux FinTechs françaises de montrer leur dynamisme et leur présence de plus en plus marquée dans le secteur financier.

La définition des FinTechs est assez restrictive : ce sont des entreprises qui offrent des services financiers alternatifs mais qui ne sont ni incorporées dans des établissements bancaires, ni des filiales de banques. « Actuellement, nous estimons qu’il y a environ 300 FinTechs actives en France dans des secteurs variés tels que les paiements, les robots de gestion, la tenue des comptes, l’analyse et le traitement des données (data), le change, les services aux entreprises ou encore le financement des entreprises. Au sein de Fintech France, nous comptons 60 membres. Nos relations avec les régulateurs se sont améliorées. Ils doivent bien sûr protéger les consommateurs mais ils doivent aussi stimuler la qualité des services rendus aux clients en favorisant le développement d’un écosystème de qualité », estime Alain Clot, Président de France Fintech.

Au fil des rencontres, nous avons pu constater la variété des services proposés dans ce secteur. Dans le domaine des paiements, le Compte Nickel joue un rôle d’inclusion financière en offrant, par l’intermédiaire des bureaux de tabac, des comptes bancaires simples sans possibilité de crédit. Aujourd’hui, ce sont plus de 286.000 comptes qui sont ouverts sur lesquels transite un montant moyen par compte de 1.400 euros. « Notre produit s’inscrit au cœur de la classe moyenne en offrant, pour un tarif simple de 20 euros par an, des services de compte bancaire avec carte de débit et home banking. Nous pensons nous développer à l’international en 2017 », annonce Quentin Pernez, Head of acquisition chez Compte Nickel. La société Lydia offre, quant à elle, une application qui permet de régler les petits comptes entre amis lors des sorties ou voyages à l’instar de Tricount en Belgique. « Nous offrons aussi la possibilité de payer directement les autres membres du groupe pour solder les comptes grâce à un bouton paiement incorporé dans l’application », explique Nadège Corsin de chez Lydia. Chez Ledger, c’est la technologie blockchain qui sous-tend l’activité de cette entreprise en offrant un portefeuille de bitcoins sur carte à puce. « Ce stockage de bitcoins sur cartes à puce permet d’éviter les virus malveillants ou les tentatives de hacking qui peuvent survenir sur les ordinateurs personnels », souligne Vanessa Rabesandratana, de chez Ledger. Chez Bankin, on s’est spécialisé dans l’agrégation d’informations bancaires. Les clients qui ont plusieurs comptes en banque peuvent avoir, grâce à ce service, une vue globale et agrégée sur leurs comptes. En un coup d’œil, ils disposent d’une vue sur leur position intégrée en cash mais aussi de leurs comptes-titres. Dans le domaine des données (data), la société Scaled Risk offre aux banques la possibilité d’intégrer et d’analyser un ensemble de données bancaires, sectorielles et règlementaires sur leurs clients, ce qui leur permet de mieux cerner le risque sur ces clients. Se sont aussi présentées lors de cette journée dédiée aux FinTechs, des sociétés de crowdfunding, de crowdlending, d’affacturage, de paiement ainsi que de nombreuses offres dédiées à la gestion discrétionnaire en ligne ou aux robots de gestion. Un prix a aussi été décerné au gagnant du Start-up Weekend Fintech. C’est la petite société Georges qui a remporté ce prix grâce au service de comptabilité simple et facile mis à disposition sur une application pour les professions libérales. Son tout jeune CEO, Côme Fouques, a développé ce produit et entend lui donner davantage d’envergure grâce à ce prix et à l’enthousiasme qu’il dégage.

Le secteur financier est soumis aux forces disruptives de ces FinTechs. Va-t-on vers une révolution ou vers un modèle de co-opétition entre ces FinTechs et le secteur traditionnel ? On constate que les banques veulent aussi prendre ce virage à travers différentes initiatives : en s’appuyant sur des partenaires FinTechs, en créant des incubateurs, en investissant dans des petites structures, en faisant des acquisitions ou en développant des projets en interne. Le phénomène FinTech n’est pas anecdotique, pas plus qu’il n’est réservé à de jeunes geeks. Il va, sans aucun doute, transformer en profondeur l’offre de services bancaires en remettant les attentes des clients au centre des préoccupations.

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