Faut-il avoir peur de la Chine ?

par défaut 2016-06-09 à 17.25.12par défaut 2016-06-09 à 17.06.43Depuis le début de l’année, les fonds investis sur les bourses chinoises réalisent de très mauvaises performances (source : Morningstar). Comment explique-ton cela et que peut-on attendre ou redouter de ce marché qui entraîne dans son sillage les autres économies émergentes asiatiques ? Quels sont les facteurs économiques qui influencent ce marché ?

« Ces dernières années, la croissance de l’économie chinoise ne cesse de se dégrader, alors que les crédits octroyés à des entreprises non financières et aux consommateurs continuent d’augmenter. Le niveau d’endettement devient trop important, ce qui accroît le risque d’une dévaluation du yuan au cours des 3 prochains mois. La Chine va en quelque sorte exporter sa déflation vers l’Occident », prédit Luca Pesarini de chez Ethenea.

Dans ce mouvement d’accroissement des prêts, il faudra s’attendre à une hausse des taux de défaut. « Ces crédits permettent de soutenir la croissance. Il faut aussi absorber une épargne très importante dans ce pays », ajoute Anton Brender, Chief economist chez Candriam. L’Etat chinois est, quant à lui, très peu endetté et ce sont surtout les entreprises non-financières qui ont recours au crédit. La croissance chinoise est donc supportée essentiellement par le crédit et elle continuera à donner des sueurs froides aux investisseurs. En effet, dans ce pays, on assiste à une politique de crédits sous forme de « stop and go » : on lâche les vannes et puis on resserre les freins. Dans ce contexte, une chose est cependant acquise : les autorités chinoises ne laisseront pas la croissance s’effondrer. S’il le faut, elles mettront en place des stimuli fiscaux.

En ce qui concerne les chiffres du commerce à fin mai, on constate que la demande domestique se stabilise et connaît même un léger rebond. En revanche, les exportations ont souffert. « Les exportations ont principalement souffert en raison de la baisse des exportations vers l’Europe, les Etats-Unis et le Japon qui sont restées faibles reflétant en cela la faiblesse de la demande extérieure », souligne Frank Vranken, Stratégiste chez Puilaetco Dewaay Private Bankers. Les importations continuent cependant à croître à un rythme soutenu en raison de plusieurs facteurs. La demande domestique reste importante. Par ailleurs, les dépenses de constructions et d’infrastructure restent très consommatrices de matières importées. L’importation de matières premières comme le pétrole engendrent aussi une hausse des importations. Cependant, la Chine est devenue le pays qui exporte le plus de produits pétroliers raffinés.

Que faut-il penser des politiques monétaires menées à travers le monde dans ce contexte ? « La politique menée par les banques centrales du Japon, des États-Unis, de la Chine et de l’Europe génère un montant colossal de dettes – la Chine dépassant même les États-Unis en termes de PIB. On ne pourra pas y échapper car tout le monde applique la même politique : on se contente de faire marcher la planche à billets et pourtant, cette stratégie ne marche pas. La Banque du Japon rachète désormais elle-même des actions mais cela a uniquement pour effet d’augmenter encore la pression sur les investisseurs », estime Luca Pesarini.

La Chine est donc une région qu’il faut tenir à l’œil et il devient de plus en plus difficile de comprendre l’évolution de la croissance de ce pays aux multiples facettes et complexités.

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