Le choc inattendu de 2014 : la forte chute du prix du pétrole

IMG_1261Par TreeTop Asset Management

Il faut souvent se méfier des consensus. L’ensemble des économistes tablaient sur des prix de l’énergie qui resteraient élevés, malgré les révisions à la baisse de la croissance mondiale. La baisse du pétrole brut, déclenchée en juillet, a atteint quelque 50% en moins de 6 mois ! On note traditionnellement une relation inverse entre le cours du dollar et le cours du pétrole, mais l’ampleur de ce mouvement ne s’explique que faiblement par les fluctuations de change et trouve son origine dans des éléments plus fondamentaux et sans doute durables.

Toujours est-il que cet élément nouveau aura des répercussions économiques et financières importantes en 2015 et que les économistes, les banques centrales et les gestionnaires d’entreprises vont devoir sérieusement revoir leurs scénarios…

Il est assez étonnant que la chute du prix du pétrole soit arrivée si tardivement. L’ensemble des matières premières avait déjà réagi depuis 2011 au ralentissement économique mondial et les données fondamentales concernant l’offre et la demande de pétrole ne justifiaient guère un prix aussi élevé.

Plusieurs éléments ont déclenché la baisse du pétrole, tant du côté de l’offre que du côté de la demande de pétrole. Du côté de l’offre, on a vu, par exemple, le doublement de la production du pétrole de schiste aux Etats-Unis en moins de 5 ans, la production record de la Russie en 2014, la ré-augmentation de la production de certains pays tels que la Lybie, le Nigéria ou l’Irak et, plus fondamentalement, la forte diminution de l’influence de l’OPEC ces dernières années.

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Du côté de la demande, c’est le ralentissement économique, en particulier de l’Europe et de la Chine, qui a réduit la consommation : l’offre est ainsi devenue supérieure à la demande déjà en 2012 puis de nouveau en 2014 et devrait rester largement excédentaire jusqu’en 2017.

Il n’est pas certain que le déficit que l’on verrait apparaître selon les prévisions de l’IEA à partir de 2017 provoque une nouvelle flambée des prix du pétrole. Comme la plupart des matières premières, l’évolution des prix du pétrole s’inscrit dans des cycles longs, dont les phases baissières (en noir sur le graphique ci-dessous) sont généralement beaucoup plus longues que les phases haussières (en rouge). L’évolution à long terme du prix réel (après inflation) du pétrole est intéressante à cet égard.

par défaut 2015-01-08 à 16.17.23Quoiqu’il en soit, la baisse des prix pétroliers, si elle se maintient suffisamment longtemps, est une excellente nouvelle pour la croissance mondiale.

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