L’Afrique, les smart grids de demain – investir durablement en Afrique

Source: Pexels

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Par Petercam

L’Afrique, encore appelée le continent perdu il y a quelques années, est aujourd’hui considérée comme le continent de l’avenir. Il faut, en effet, reconnaître que celui-ci montre des chiffres impressionnants. Tout d’abord, elle jouit d’une réelle superficie qui peut englober à elle seule l’Europe, les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et l’Argentine!

Le territoire offre une grande diversité de richesses du sol puisqu’il dispose du tiers des réserves mondiales en matières premières minérales non énergétiques. Ses exportations consistent principalement en pétrole, minerais et produits agricoles.

Ensuite, le continent qui compte 1 milliard d’habitants aujourd’hui, verra ce chiffre doubler à l’horizon 2050. Il s’agit d’un véritable défi d’urbanisation puisque les villes, peuplées de 350 millions de citoyens aujourd’hui, atteindront 1 milliard d’habitants d’ici 2030 !

Au défi de l’urbanisation s’ajoute celui de l’éducation qui est le deuxième objectif des «Objectifs de Développement pour le Millenium» des Nations-Unies. Beaucoup d’investissements dans le domaine ont déjà été réalisés et ont permis l’allongement de la période d’éducation scolaire. Cependant, c’est également le cas dans nos pays développés, de sorte que l’écart de formation ne diminue pas et pose un défi pour un nivellement de la qualification de la main-d’œuvre de ces pays.

Si beaucoup mettent en avant le taux de croissance, il faut néanmoins noter que celui-ci est inégal et que la création d’emplois qui y est liée reste insuffisante. Dès lors, partant du postulat que l’Afrique est le continent de relais de la croissance tant attendue, il faut être attentif aux piliers de durabilité sur lesquels repose celle-ci.

D’abord la stabilité politique. Les agences de notation financière ont intégré des critères tels que les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale. D’autres indicateurs peuvent être également révélateurs des risques d’instabilité politique. L’exemple des massacres d’étudiants en septembre dernier dans l’Etat de Guerrero à l’ouest du Mexique illustre bien ces propos. En général d’origine indigène, les étudiants – enseignants de demain et chargés de l’alphabétisation des zones les plus rurales – étaient des enfants de paysans et des étudiants d’écoles créées après la révolution, dans un contexte de contestation forte qui forge toujours les esprits et la formation. Les évènements ont démontré à quel point l’infiltration du crime organisé et du trafic de drogue est importante au sein des instances dirigeantes du pays. Combinés avec une population pauvre et une distribution des richesses inégalitaire, les conflits sociaux sont importants.

Ensuite la population. Le potentiel démographique est énorme dans ces pays. Encore faut-il qu’il soit durable, alors que des épidémies telles qu’Ebola ont décimé certaines populations et que le sida est un fléau majeur dans nombre d’entre eux. Il faut également s’intéresser à la mortalité infantile ou à la couverture de vaccination primaire.

Les jeunes seront le relais de croissance s’ils sont formés et intégrés dans le marché du travail. Plus le niveau d’instruction d’une population est faible, plus le risque de rébellion est élevé. C’est d’autant plus vrai si la croissance ne bénéficie qu’à une minorité de la population. La croissance doit donc être inclusive et passer par un secteur de transformation porté par les PME locales, créatrices d’emploi, innovantes et dynamiques.

Un pays comme le Kenya diversifie ses sources de croissance pour ne pas être dépendante exclusivement d’une ou plusieurs matières premières, comme c’est la cas au Nigéria qui est tributaire de l’évolution du prix du pétrole.

Enfin, l’enjeu environnemental. Nous avons déjà évoqué l’enjeu de l’urbanisation qui peut être accueilli positivement puisque, selon certains, l’apparition des smart grids et autres smart cities aurait d’abord lieu en Afrique avant de se développer sur notre vieux continent.

D’autres enjeux sont essentiels comme la sécheresse et l’accès à l’eau potable. La sécheresse est un risque réel pour la Corne de l’Afrique et l’Afrique subsaharienne. L’accès à l’eau potable est évidemment plus problématique dans les zones rurales qu’urbaines. Dans certains pays, comme le Botswana ou le Sénégal, l’eau potable peut se révéler deux fois moins accessible dans les campagnes que dans les villes.

Il n’est pas question ici de décourager les investisseurs en soulevant les nombreux défis auxquels doit faire face le Continent Africain. Au contraire ! L’objectif est de souligner les opportunités et la diversité des pays. Le Nigéria n’est pas le Ghana qui n’est pas le Mozambique ou encore l’Afrique du Sud. Cette diversité est intéressante pour l’investisseur qui peut également profiter de la décorrélation entre les devises.

par défaut 2015-05-08 à 10.37.12En investisseur avisé et responsable, s’intéresser au développement durable sur lequel repose la croissance de ces pays est une garantie pour la stabilité et la pérennité des rendements.

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