La Revue : Où et comment investir en cas de hausse des taux d’intérêts ?

bourse-Nyse-22-150x150Les taux d’intérêts ont atteint des niveaux historiquement bas. Leur récente remontée peut être considérée comme une normalisation, une correction qui était inévitable et qui permet de les reconnecter à la réalité économique. « Mais la vitesse à laquelle cette correction s’opère a de quoi surprendre », estime Gareth Isaac, gestionnaire de fonds chez Schroders. Quelles seront les répercussions de cette hausse des taux d’intérêts et comment investir dans ce contexte ?

Quel est le constat ?

Il faut s’attendre à ce que les taux d’intérêt ne reviennent pas simultanément à une normalisation. Cette hausse aura par ailleurs des répercussions non seulement sur les marchés obligataires mais aussi sur les devises, les marchés boursiers et sur la croissance économique en général. « Les signes des principales banques centrales diffèrent, surtout parce que le rétablissement économique varie d’un pays et d’une région à l’autre. Les acteurs sur le marché cherchent bien à savoir par ailleurs quelles seront les conséquences de la hausse des taux d’intérêt sur les devises dans le monde, les actions, les obligations, ainsi que sur la croissance économique d’une façon générale », notent les analystes de Deutsche Asset & Wealth Management (Deutsche AWM).

Comment se positionner sur les marchés obligataires ?

Sur les marchés obligataires, on devra s’attendre désormais à une volatilité accrue. En effet, dans des périodes de grande incertitude, les marchés peuvent soudain devenir illiquides. Pour les investisseurs obligataires en quête de sécurité et de sérénité, il va falloir avoir le cœur bien accroché. Mais il ne faut pas pour autant changer son profil de risque et se détourner de la classe obligataire. « Les perspectives pour les obligations à moyen terme restent solides. Le taux de rémunération des dépôts appliqué par la BCE est négatif et il ne faut pas non plus oublier le programme de rachat. Quant à savoir si le momentum favorable à la reprise économique survivra à une hausse des taux obligataires, cela reste à voir », reconnaît Gareth Isaac. Dans cette classe d’actifs, les investisseurs devront être très sélectifs en analysant les opportunités face à des rendements encore très faibles s’ils restent investis en liquidités. « Pour réduire leur risque global, les investisseurs devraient diversifier au maximum en investissant dans des segments obligataires plus risqués, comme le haut rendement ou la dette des pays émergents, et en augmentant leur exposition aux stratégies alternatives à rendement absolu et aux actions », estiment les analystes de Candriam.

Et sur les marchés boursiers ?

Une hausse des taux d’intérêts aux Etats-Unis devrait mettre un terme à l’environnement de taux au plancher. Dans ce contexte, les actions devraient continuer sur leur lancée en surperformant les obligations. Sur les marchés boursiers, les analystes de Deutsche AWM insistent sur le fait que l’impact de la hausse des taux d’intérêts ne sera pas uniforme et qu’il faut tenir compte des spécificités sectorielles et géographiques des valeurs cotées. Il y a, par exemple, des valeurs qui démontrent une très forte corrélation négative aux mouvements des taux d’intérêts. Ces valeurs sous-performent en cas de relèvement des taux d’intérêts. Ce sont souvent des entreprises qui ont un haut niveau d’endettement à long terme et dont le coût des crédits aura un impact sur la rentabilité et donc sur les dividendes distribués. C’est le cas, par exemple des sociétés immobilières ou des SIR (ex-sicafi) ou du secteur des utilities (services aux collectivités). Par contre, les sociétés cycliques ont plutôt tendance à bien performer dans un environnement de taux à la hausse parce que cela coïncide, en général, avec une reprise économique.

Cet avis est partagé par les analystes de Candriam. « Les actions en particulier vont continuer à surperformer, même après les fortes performances déjà enregistrées à ce jour. Le potentiel des actions sera supporté par l’amélioration continue des bénéfices dans la zone euro comme au Japon, ainsi que par leur valorisation relativement intéressante par rapport aux obligations », estime Koen Maes, Global Head of Asset Allocation Strategy and Funds chez Candriam. Il faut être sélectif dans son approche des marchés boursiers. Beaucoup de gestionnaires continuent à privilégier les actions de la zone euro tout en gardant un œil attentif sur les incertitudes liées au cas de la Grèce. Dans cet environnement, les maître-mots en gestion de portefeuille restent donc la diversification et la vigilance.

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