La Revue : Les investisseurs obligataires sont perdus

bourse-Nyse-22-150x150« Les investisseurs obligataires n’ont nulle part où aller ! Du moins c’est ce qui paraît. A part dans certaines poches en high yield et en dettes sur les marchés émergents, les rendements des autres classes d’actifs obligataires sont proches de zéro voire même négatifs parfois », souligne Frank Vranken, Chief Strategist chez Puilaetco Dewaay Private Bankers.

Il est vrai que l’Europe, qui s’est réjouie des mesures prises par la BCE, est confrontée à un scénario assez particulier. Les taux d’intérêts sont à des niveaux planchers dans un environnement de ralentissement conjoncturel. La BCE va acheter du papier et risque de provoquer un assèchement du marché des obligations gouvernementales. « Dans un scénario où la BCE joue le rôle d’acheteur, la région risque d’être confrontée à un manque aigu d’actifs sans risque. Le manque d’actifs de ce type pose problème pour les investisseurs institutionnels qui ont besoin de créances fiables à risque faible ou nul. Sans doute iront-ils rechercher ce type de créances hors de la zone euro », constate Keith Wade, Economiste en chef chez Schroders.

A titre d’exemple, le taux d’intérêt des obligations gouvernementales belges à 10 ans est de 0,69% début février contre 2,5% en janvier 2014 et le Bund allemand à 10 ans offre un rendement de 0,36%. Avec de tels taux d’intérêts, on peut se poser la question de savoir si le rapport rendement/risque est encore bon. « Non ! Aujourd’hui, les taux d’intérêts dans la zone euro sont beaucoup trop faibles et ne rémunèrent pas le risque qui est pris. Quand on voit les Etats-Unis : la reprise économique se confirme, le quantitative easing est terminé alors qu’en Europe il va démarrer, les taux d’intérêts repartent à la hausse. Le rendement des obligations gouvernementales à 10 ans est de 2% avec un dollar qui s’apprécie face à l’euro. On peut s’attendre à ce que la courbe des taux se repentifie aux Etats-Unis », affirme Alexandre De Groote, Executive Director chez Petercam.

Dès lors, comment investir en obligations en ce début 2015 ? « Les fonds obligataires attirent encore les investisseurs. Si l’on reste dans la poche obligataire, pour aller chercher du rendement, il faut se diriger vers des émetteurs corporate plus risqués dans la catégorie high yield. Les rendements y sont plus élevés mais il convient de bien sélectionner les débiteurs et les échéances. Sur une durée de 5 ans, les rendements dans cette classe d’actifs s’échelonnent entre 4 et 12%. Il faut se poser les bonnes questions et savoir pourquoi certains payent 12% », avertit Alexandre De Groote. Pour les investisseurs qui veulent se positionner sur des obligations gouvernementales, ils peuvent se contenter de taux faibles en Europe. La demande est encore bien présente puisqu’une émission de 4 milliards d’euros de l’Etat belge à 16 ans offrant du 1,6% a fait l’objet d’une demande à concurrence de 5,5 milliards. Tout le monde n’a donc pas été servi. Pour les plus exigeants, la dette américaine offre de meilleurs taux à 10 ans avec un effet dollar qui devrait encore se confirmer dans les mois à venir.

Aujourd’hui, l’investisseur obligataire doit se reconcentrer sur le couple rendement/risque, faire le point sur les secteurs, les entreprises, les spreads obtenus, les durées envisagées. Certaines émissions corportate high yield offrent encore du potentiel mais, à chaque fois, il faut se poser la question de l’avenir de l’entreprise à l’horizon d’investissement envisagé.

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