Les startups européennes se portent bien mieux que vous ne le pensez !

Source: Pexels

Source: Pexels

Par David Drummond, Senior Vice President of Corporate Development and Chief Legal Officer chez Google

S’il est quelque chose dont nous ne manquons pas en Europe, c’est de pessimisme au sujet des conditions de développement de nos startups. Et pourtant, l’esprit d’entreprise semble vivant et en bonne santé à travers le continent. Alors que l’Europe a donné naissance au cours du siècle dernier à plusieurs des entreprises les plus importantes au monde, elle est aujourd’hui en train d’engendrer une nouvelle génération de startups dont certaines pourraient bouleverser les marchés, créer de la croissance et des emplois.

Commençons par les chiffres. D’une capitale à l’autre, les startups européennes vont d’exploit en exploit. A Londres, les investissements recueillis par les entreprises des nouvelles technologies ont atteint en 2014 un nouveau record avec 1,2 milliards d’euros, soit le double du montant atteint l’année précédente. A Paris, ce sont également plus d’1 milliard d’euros qui ont été investis en 2013. A Madrid, à l’automne dernier les startups avaient levé l’équivalent de 178% des capitaux levés au même moment un an auparavant. A Berlin, d’une année sur l’autre l’investissement dans les startups tech a crû de 140%, avec deux des plus importantes introductions en bourse du secteur à l’échelle européenne : le site de commerce en ligne Zalando et l’incubateur Rocket Internet valent désormais plusieurs milliards d’euros.

A Stockholm, nous avons assisté à la naissance de l’un des “hubs” technologiques les plus prolifiques du monde, avec 6,3 entreprises valorisées à hauteur d’un milliard de dollars par million de Suédois ; dans la Silicon Valley, cette proportion s’établit à 6,9. Et à Paris enfin, les succès de Blablacar, pionnier du covoiturage et maintenant leader mondial, qui s’est illustré en 2014 par la plus grande levée de fonds en Europe avec 100 millions de dollars ou encore de Sigfox, créateur du premier réseau d’objets connectés à vocation mondiale, très prometteur également et c’est sans parler de Criteo, le champion de reciblage publicitaire qui s’est introduit au Nasdaq à la fin de l’année 2013.

De plus, le futur de l’industrie de la musique est aujourd’hui entre les mains d’entreprises européennes ambitieuses. SoundCloud est une plateforme installée à Berlin, permettant à des musiciens de promouvoir et de partager leur musique et aux amateurs d’y avoir accès en ligne.

Depuis son lancement en 2007, l’entreprise a fédéré plus de 175 millions d’utilisateurs par mois, lesquels partagent douze heures de contenus nouveaux chaque minute. D’après les experts, la valeur de SoundCloud devrait bientôt atteindre le milliard d’euros. YouTube, notre service de vidéos en ligne, participe à la création d’une nouvelle activité : le vidéoentrepreneur en ligne. Et le succès est au rendez-vous : combien d’entre nous connaissent aujourd’hui les cinq personnalités les plus populaires aux yeux des teenagers américains, un classement dressé récemment par Variety ? Katy Perry n’y figure pas. Pas plus que Leonardo di Caprio ou Taylor Swift. D’après Variety, il ne s’agit que de stars YouTube ; et effectivement, la troisième personnalité la plus populaire est un Suédois de 25 ans nommé Felix Kjellberg, qui vit au Royaume-Uni, à Brighton. Ses fans le connaissent sous le nom de PewDiePie, il anime aujourd’hui la chaîne YouTube la plus suivie au monde, avec 33 millions d’abonnés.

Le marché du mobile a été créé par des Européens et ce marché voit aujourd’hui l’émergence d’entreprises comme Rovio et SuperCell. Les marchés mobiles sont en pleine expansion : une étude récente évaluait en effet à 90 milliards d’euros les revenus de l’économie mobile en Europe en 2013. On estime par ailleurs à 2,9 millions le nombre total de développeurs d’applications dans le monde, pour plus de 2 millions d’applications déjà existantes.

Au regard de tous ces succès, la question que l’on me pose le plus souvent est la suivante : comment les pouvoirs publics peuvent-ils aider les startups ?

Je suis interpellé par de nombreux entrepreneurs aux prises avec 28 législations différentes.

Sur bien des plans, Internet ne connaît pas de frontières… et les frontières sont nombreuses encore en Europe. A l’heure de croître, ou d’embaucher des collaborateurs dans d’autres pays, ou alors quand il s’agit d’échanger des biens et des services : dans tous ces cas, les entrepreneurs rencontrent des difficultés. Le grand pas en avant que l’Union Européenne a le pouvoir d’effectuer, c’est d’achever la construction du marché unique numérique un objectif que la Commission Européenne considère à juste titre comme crucial pour l’avenir du continent. Nous espérons que la signature du partenariat transatlantique de commerce et d’investissement sera l’occasion d’aiguillonner la croissance de l’économique transatlantique et d’ouvrir de nouvelles possibilités de développement pour les entreprises européennes et américaines.

Ce que j’entends aussi de la part des pouvoirs publics comme du monde des affaires, c’est le rôle essentiel que joue la propriété intellectuelle dans la protection de l’innovation. Internet offre la possibilité aux créateurs d’atteindre de nouvelles audiences et de dégager de nouvelles sources de revenus. Pilier d’un nouveau marché unique, le droit d’auteur doit servir à promouvoir la recherche et l’innovation tout en permettant de protéger les droits des créateurs. Une dernière demande de la part des entrepreneurs concerne l’accès au capital : ce dernier doit être facilité pour faire grandir leurs entreprises, leur permettre de changer de dimension. L’entrepreneur suédois Nicklas Zennstrom a récemment appelé les gouvernements à encourager les investisseurs privés à orienter leurs fonds vers les startups.

Chez Google, nous sommes optimistes quant au potentiel entrepreneurial de l’Europe, et nous sommes fiers d’apporter notre pièce à l’édifice. Google a commencé en 1998 dans un garage à Menlo Park. Aujourd’hui, il est tout à fait probable que le prochain grand succès entrepreneurial naisse dans un entrepôt à Berlin, un café français ou un incubateur britannique.

Cet article vous a intéressé ? Consultez aussi

Ce contenu a été publié dans Entrepreneur à la une, Le Club des Sages, avec comme mot(s)-clé(s) , , , , , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.