Hit-parade des fonds : L’Italie se redresse en mode mineur

par défaut 2015-04-11 à 12.04.31par défaut 2015-04-11 à 12.07.04Rappelons que, lors de la crise des dettes souveraines en 2011, l’Italie faisait partie des pays PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne). Ces pays étaient les mauvais élèves de la classe. Leur notation s’étant fortement dégradée, on se souviendra qu’à une certaine époque les taux d’intérêts sur leurs dettes atteignaient des sommets. Par exemple, sur la dette portugaise les taux d’intérêts dépassaient les taux appliqués sur les obligations pourries (junk bonds).

Ces pays ont fait des efforts colossaux qui commencent, du moins pour l’Espagne, l’Irlande et le Portugal à porter leurs fruits. On suit de près l’évolution de la Grèce, non sans crainte, mais qu’en est-il de l’Italie ?

« Les indicateurs avancés montrent une amélioration de la tendance macroéconomique en Italie. Le dernier indicateur PMI (Purchasing Manager’s Index) s’établissait à 52 (plus que 50 étant considéré comme positif) et la confiance des consommateurs a atteint des sommets historiques », confirme, Alberto Chiandetti, portfolio manager chez Fidelity. Comme pour tous les pays européens, la faiblesse de l’euro et les prix pétroliers au plancher ont eu un impact positif sur cette économie. « Mais je crois aussi que l’Italie bénéficie de facteurs qui sont spécifiques à ce pays comme, par exemple, l’amélioration des prévisions conduites par les premiers signes de réformes enclenchées par le gouvernement », ajoute Alberto Chiandetti.

Cependant, les prévisions pour l’Italie restent encore sur un mode mineur. Il semblerait que sept ans de crise aient laissé des traces et que certaines capacités de production soient perdues à jamais. Pourtant, le pays semble bien avoir pris le chemin d’une relance économique. Malgré la bonne tenue des chiffres au niveau macroéconomique, le gouvernement ne relâche pas le rythme des réformes. Ces réformes sont nécessaires pour confirmer l’Italie sur le chemin du redressement de sa croissance à long terme.

Depuis le début de l’année, on assiste à une remontée du marché boursier italien. « Aujourd’hui, nous voyons que les titres se traitent à des valorisations qui sont en ligne avec les multiples de price/earnings historiques. Cependant, ces titres sont encore bon marché par rapport aux autres valeurs européennes. Ce marché a surperformé le marché européen au sens large grâce au secteur bancaire », estime Alberto Chiandetti. Il est vrai que les banques italiennes s’en sont bien sorties au niveau des tests AQR. Les prévisions de croissance économique à 2% ont permis une révision des ratings à la hausse, les mauvais crédits ont été ramenés à des niveaux plus acceptables et on a assisté à une consolidation de certaines banques de petite et moyenne taille.

Et pour l’avenir ? « Le futur de l’Italie reste encore suspendu à la capacité du gouvernement d’enclencher des réformes. C’est une étape nécessaire pour attirer les investisseurs étrangers, pour faciliter les créations d’entreprises et créer de la richesse », note encore Alberto Chiandetti. Ce sont des réformes concernant le marché du travail, le fonctionnement du système judiciaire et du sénat qui permettront à l’Italie de devenir un endroit il fera bon investir tant pour les entreprises italiennes que pour les étrangères.

Source des données chiffrées : Morningstar

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