Hit-parade des fonds : Le Brésil a raté son rendez-vous avec la croissance

par défaut 2015-03-09 à 12.32.03par défaut 2015-03-09 à 12.35.13En ce début d’année, les fonds qui sont investis dans les valeurs brésiliennes accusent une forte baisse. Alors que ce pays faisait partie des BRIC, les anciennes stars des pays émergents, aujourd’hui, il fait figure de parent pauvre dans cette zone géographique qui est devenue très hétérogène.

« La situation actuelle du Brésil s’explique, avant tout, par le fait que les autorités de ce pays n’ont pas su profiter, dans les moments de forte croissance, de l’opportunité d’engager de grands changements. Les dirigeants n’ont pas réussi à enclencher des réformes en matière d’infrastructures ou de gouvernance quand la croissance était soutenue. Aujourd’hui, ce pays dont l’économie dépend essentiellement des exportations de matières premières, souffre de la baisse du prix de ces matières », note Frank Vranken, Stratégiste chez Puilaetco Dewaay Private Bankers. Le Brésil a donc bel et bien raté son rendez-vous avec la croissance.

Il fut un temps où tout le monde venait frapper à la porte de ce pays pour importer ses matières premières, dont le minerai de fer de première qualité. Aujourd’hui, les prix de ces matières premières sont au plus bas dans une économie mondiale assez atone. L’effet sur la balance courante ne s’est pas fait attendre dans un pays qui exporte des biens à faible valeur ajoutée et qui, par ailleurs, importe beaucoup de biens à forte valeur ajoutée. « Les Brésiliens ont ainsi importé de l’inflation en raison de la baisse du real par rapport au dollar. Il faut encore ajouter à ces facteurs le rôle qu’a joué la banque de développement brésilienne, la BNDES, qui n’a pas hésité à financer des projets peu stratégiques soutenus par des personnes influentes. La corruption a fait du tort à ce pays », souligne Frank Vranken. Aujourd’hui, avec la baisse du prix des matières premières et une faible croissance économique au niveau mondial, le Brésil doit se serrer la ceinture et engager des mesures fiscales. Il risque de voir sa notation passer d’Investment Grade à High Yield voire … à une notation d’obligation pourrie. Dans ce cas, son coût de financement sur les marchés risque de croître et d’aggraver encore sa situation économique.

Le paysage politique de ce pays est aussi assez complexe avec une multitude de petits partis dont il faut obtenir l’accord dans une coalition dispersée. « Dans ce contexte, les marchés ont enfoncé le clou. Le real est attaqué, ce qui, à terme, sera bénéfique pour l’économie. Aujourd’hui, le Brésil traverse une phase difficile et il ne figure pas parmi nos favoris dans les portefeuilles. Par contre, il dispose encore de certains atouts comme une démographie porteuse et une augmentation de la classe moyenne. Son économie n’est cependant pas assez diversifiée : ce pays vit, en quelque sorte, sur une seule jambe. Les dirigeants auraient dû miser sur une croissance structurelle à long terme quand les éléments macroéconomiques le permettaient », estime ce stratégiste. Le Brésil pourra sans doute bénéficier de l’affaissement de sa devise et, de ce fait, un rebond de ce marché n’est pas à exclure. Il faudra encore que la croissance mondiale connaisse un regain et ce pays latino-américain sera bien placé pour en profiter.

Source des données chiffrées : Morningstar

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