L’obsolescence programmée est passée de mode

IMG_1843On l’a vu tout récemment, les pays du monde entier s’accordent à agir pour éviter de faire de notre planète un enfer. On ne parle ici que de ces fameuses émissions de CO2 liées à la consommation des énergies fossiles. Mais, plus généralement, la surconsommation de biens génère une production continue en utilisant… de l’énergie.

Nos économies développées sont fondées sur le principe de la croissance continue. Et pour qu’il y ait croissance continue, il faut qu’il y ait consommation. Ce concept est voué à être revu en profondeur très rapidement. Les industriels n’ont cependant pas intérêt à ce que les biens de consommation aient une durée de vie illimitée. La plupart des objets usuels qui peuplent notre vie de tous les jours finissent par s’user et à ne plus être réparables. Des entreprises gèrent d’ailleurs cette évolution en l’intégrant dans leurs processus de production. Mais, en Europe et en Belgique, les politiques ont pris le problème à bras-le-corps et une entreprise comme Hewlett-Packard, par exemple, ne peut plus aujourd’hui produire des imprimantes dont la durée de vie est limitée par la présence d’instructions spécifiques dans les processeurs qui les font fonctionner.

Ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres. Mais ce concept a la vie dure. Dans les années 30 aux Etats-Unis, un homme politique, Bernard London, a conçu l’obsolescence programmée comme un outil de relance de l’économie américaine. Il a tenté d’introduire une loi dans le droit américain obligeant le remplacement de certains produits après un certain temps. Une sorte de date de péremption appliquée non pas à la nourriture, mais aux machines. Bernard London n’a pas réussi à donner forme à son projet. Mais dans l’industrie, des entreprises ont trouvé l’idée séduisante. Et, au lieu de produire, comme cela se faisait à l’époque, des Ford T increvables, ou des ampoules Edison dont certaines brûlent depuis plus de 100 ans, elles ont programmé la production de matériels avec une durée de vie limitée.

Plus tard, avec l’apparition de la publicité, de la mode, des tendances, l’obsolescence programmée a changé de forme et a affecté une foule de produits par la simple force de la suggestion. Aujourd’hui, encore, on change sa garde-robe tout simplement parce qu’elle ne correspond plus aux standards du moment, et on jette sa vieille télévision à tube cathodique pour la remplacer par un écran plat à haute définition.

Difficile de dire si cette tendance va évoluer avec le temps et faire place à un mode de consommation plus responsable. Mais, pour une partie de la population, c’est dans l’air du temps : on ne jette plus, mais on répare et on recycle. Cette tendance nouvelle génère une activité nouvelle et engendre des comportements adaptés. Lorsqu’on achète un iPhone pour près de 1000 €, et que deux ans plus tard sa batterie donne des signes de faiblesse, il est désormais tentant de changer ou de faire changer cette batterie pour faire durer l’appareil un petit peu plus longtemps. Il est possible aujourd’hui de le faire soi-même en utilisant les services de sites comme « iFixit » qui proposent des modes d’emploi très détaillés pour réparer les objets les plus divers. Un marché des pièces détachées en ligne s’est développé qui permet au candidat bricoleur de trouver les pièces qui composent les machines électroniques, et les outils adéquats. Le début d’une autre époque ?

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