Qui sont ces jeunes qui veulent faire sauter la banque ?

Source de l'illustration: Pexels

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Née entre le début des années 80 et le début des années 2000, la génération des millennials (ou génération Y) a toujours connu l’Internet. Les relations sociales de ces jeunes sont fortement dépendantes des réseaux sociaux sur lesquels ils s’épanchent et communiquent. Ils sont à la fois impatients et exigeants. La notion de payer pour la musique ne les effleure plus sauf pour aller aux concerts et festivals. Ils sont à l’ère du streaming et leurs portables ou leurs smartphones canalisent leurs émotions musicales et amicales.

La génération Y entame l’ère de l’économie collaborative et de partage : les jeunes préfèrent l’accès aux biens plutôt que la propriété. Ils ne songent plus à faire « carrière » dans une entreprise et l’adhésion aux valeurs de l’entreprise engendre nettement moins d’enthousiasme auprès de cette génération. Ils sont mobiles et quittent facilement un poste pour un autre qui « colle » davantage à leurs valeurs. « Ma génération a été le témoin du 11 septembre, des guerres en Afghanistan et en Irak à un âge crucial dans notre formation et nous avons été heurtés de plein fouet par la crise financière au moment où nous allions commencer à travailler. De tels événements influencent votre vision du monde », relève sur le site TechCrunch, Danny Crichton, un millennial américain.

Ces millennials changent aussi la donne dans le secteur bancaire. Chaque génération a ses attentes spécifiques en matière de services bancaires. Pour la génération des parents de la génération Y, il était important d’être propriétaire de sa maison après avoir acquis une voiture et avant de se composer un portefeuille pour la retraite. Les banques ont donc formaté leurs produits en fonction de ces attentes : crédits à la consommation, prêts hypothécaires, cartes de crédits et formules de placements à long terme souvent combinées avec une relation avec un conseiller en placement. Pour la jeunesse née à la fin des années 80, les attentes sont différentes et souvent en contradiction avec les offres bancaires traditionnelles.

Une nouvelle offre financière émane alors de start-up en-dehors du circuit bancaire, faisant ainsi sauter le verrou de l’offre traditionnelle. Certaines FinTechs offrent des refinancements de prêts étudiants (une pratique courante aux Etats-Unis) à des taux plus faibles. Des firmes comme Wealthfront ou Betterment proposent de gérer leurs portefeuilles en gestion discrétionnaire à partir de montants très faibles, avec des coûts de gestion au plancher, sur base d’une plateforme Internet qui offre une visibilité constante sur le portefeuille. Le credit scoring (analyse crédit) est également revu en fonction des habitudes des jeunes : réseaux sociaux et données enregistrées sur les téléphones mobiles en disent plus sur la capacité de remboursement que les données bancaires traditionnelles.

Les millennials reconnaissent cependant qu’ils ont besoin de leur banque mais surtout… que le banquier ne leur parle pas ! Ils voient dans ces relations « face to face » une façon de leur vendre des produits qui profitent essentiellement au banquier. Voici ce que Danny Crichton attend de son banquier : « Je veux une banque où absolument toutes les opérations peuvent se faire sur mon téléphone portable et, si j’ai besoin d’aide, je peux demander absolument tout à mon banquier instantanément grâce à un simple clic sur un bouton. Je veux une offre concentrée de services taillés juste pour moi et non pas un menu avec plus de 50 options de services qui ne sont pas adaptés à mes besoins. Je veux pouvoir transférer mon argent en 10 secondes plutôt qu’en 10 écrans ». A y regarder de plus près, n’est-ce pas finalement l’attente de tous les clients ? La plupart des clients désirent limiter leurs visites à la banque, faire leurs transactions sur leurs tablettes ou smartphones, disposer de produits clairs et transparents sans payer de commissions exorbitantes. Il est donc important que les banques innovent pour garder leur clientèle car les FinTechs ont déjà pris une longueur d’avance avec une offre de services qui sert les nouvelles générations… et les plus âgées !

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Une réponse à Qui sont ces jeunes qui veulent faire sauter la banque ?

  1. Ivan Keuller dit :

    Judicieux article. Il est vrai que les banques ont toujours semble t’il une stratégie « push » de leurs produits, d’où notre reticence à accepter des contact one-to-one avec eux.

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