Comment les FinTechs vont investir tous les métiers de la banque

IMG_1529Aujourd’hui, deux grandes tendances s’imposent : la révolution numérique et l’importance des communautés et réseaux. Ces deux grandes évolutions engendrent l’émergence d’une économie participative et collaborative qui révolutionne les relations économiques traditionnelles. Cette évolution est aussi très marquée dans le secteur financier.

Une tendance qui se dessine très clairement c’est qu’il n’y a plus de chasse gardée, plus de prés carrés. Les technologies permettent à des acteurs économiques de se positionner dans des secteurs qui ne sont pas les leurs (cfr Google qui se positionne dans le secteur de la santé ou la banque PSA du groupe Peugeot). Dans ce cadre, la FinTech va révolutionner la finance de même qu’Internet a révolutionné les industries de la musique et des médias.

Voici quelques exemples de services financiers disruptifs :

  • Le crowdfunding

Dans le domaine de la levée de fonds, on ne peut passer à côté de l’essor du crowdfunding. De nombreuses plateformes de crowdfunding (financement participatif par la foule) apparaissent. Le crowdfunding a le vent en poupe pour le financement des jeunes entreprises. Beaucoup d’entrepreneurs reconnaissent aussi que le financement par le crowd (la foule) leur permet de se faire connaître, d’atteindre une certaine notoriété et de tisser des liens particuliers avec leurs actionnaires qui forment une communauté.

  • Le peer-to-peer lending

Le peer-to-peer lending est une industrie émergente qui facilite les sources de crédits en-dehors du circuit bancaire traditionnel en connectant les consommateurs et les petites entreprises directement avec des investisseurs potentiels. Les « P2P lenders » utilisent Internet et emploient des applications technologiques spécialement dédiées à ce business. Il n’y a pas d’agences physiques et ce processus permet de réduire drastiquement les coûts. A titre d’exemple, citons le Lending Club de Renaud Laplanche aux Etats-Unis ou Zopa au Royaume-Uni qui vient de fêter ses 10 ans et qui affiche un taux de défaut sur ses crédits à la consommation de 0,5% grâce à un credit scoring qui s’affine au fil des ans. Aux Etats-Unis, le phénomène prend de l’ampleur avec, parallèlement au crowdfunding, l’émergence d’une multitude de plateformes de prêts. On y voit apparaître des plateformes de prêts spécialisées qui offrent des prêts aux étudiants pour les aider à financer leurs études ou encore des plateformes de peer-to-peer lending pour les prêts hypothécaires, par exemple.

  • Le rachat de factures

Dans le domaine des crédits, on assiste à l’apparition de plateformes qui font de l’avance sur factures comme Market Invoice. Market Invoice, créée en 2001, est une plateforme britannique qui permet aux entreprises de gérer leur cash-flow de façon flexible et rapide en se procurant des liquidités sur base de leurs factures. Ces factures sont « vendues » sur la plateforme à des entreprises ou des particuliers. En Belgique, la société Edebex est aussi active dans ce domaine.

  • Le financement du chiffre d’affaires

Une autre forme de crédit hors circuit bancaire a vu le jour aux Etats-Unis : les « Merchant Cash Advance companies ». Ces sociétés prêtent à des entreprises et se remboursent en prélevant un pourcentage de leur chiffre d’affaires journalier enregistré lors des paiements en cartes de crédit/débit. La société de Merchant Cash Advance fait une avance à l’entreprise et se rembourse en reliant un processeur sur les lecteurs de cartes. Ce processeur permet d’envoyer directement un pourcentage de la vente réalisée en remboursement du prêt consenti. Ces sociétés ont pour cible les commerces de détail, les restaurants ou les sociétés de services dont beaucoup de ventes sont payées avec des cartes de crédit. Ces entreprises n’ont souvent pas un accès facile au crédit classique. Les avances ont une durée de maximum 12 mois.

  • Les moyens de paiement

Dans ce domaine, les nouvelles applications explosent littéralement. En voici quelques exemples : il faut suivre les évolutions chez Apple qui développe les moyens de paiement mobiles. Soulignons ici les avancées dans le paiement mobile proposées avec l’iPhone 6. Un chiffre à épingler : Paypal représente 41% du chiffre d’affaires d’eBay et les activités vont être scindées en deux entités séparées. En France, un nouveau moyen de paiement en ligne voit le jour et ne nécessite plus d’avoir un compte bancaire pour payer: Payplug, fondée en 2012, propose aux e-commerçants d’installer sa solution de paiement sur leur site en quelques clics, grâce à un module simple à installer qui ne nécessite pas d’avoir un contrat bancaire et n’impose pas au payeur d’avoir un compte pour pouvoir payer. L’Afrique prend aussi de l’avance dans les paiements par téléphones mobiles. Un nouveau moyen de paiement par téléphone mobile vient d’être développé au Kenya et fonctionne correctement.

Certains réseaux sociaux se lancent désormais dans les paiements en insérant un bouton « achat » sur leurs sites. C’est le cas de Twitter (à côté de certains tweets) et de Facebook (en phase de test). Le but est de pouvoir effectuer des achats sans devoir quitter le site du réseau social.

Dans le domaine des paiements, nous ne pouvons pas passer à côté des monnaies virtuelles qui se basent sur la confiance d’une communauté dans un nouveau moyen de conclure leurs transactions. Si le Bitcoin est la monnaie la plus connue, d’autres initiatives voient aussi le jour. On compte plus de 200 monnaies digitales et électroniques. Elles permettent une désintermédiation et des canaux de distribution peer-to-peer (pair à pair) pour les paiements nationaux et internationaux. On estime que quelque 63.000 commerçants acceptent le Bitcoin comme moyen de paiement dans le monde avec 765.000 utilisateurs. D’autres services pourront venir se coller au Bitcoin : c’est le principe des « colored bitcoins » qui permettent d’associer un paiement à une transaction, un objet physique comme une maison ou une voiture, un contrat d’assurances. Peut-on imaginer créer un jour des marchés financiers autour du Bitcoin ou d’une autre monnaie virtuelle ? Les monnaies virtuelles vont connaître un développement certain. L’Equateur a déjà envisagé d’émettre une partie de sa monnaie nationale sous forme virtuelle pour pouvoir atteindre les populations reculées les plus pauvres et la Banque d’Angleterre est en train d’envisager l’émission d’une monnaie virtuelle (crypto currency).

  • Les transferts de devises

Des FinTechs sont également actives dans le domaine du transfert des devises. Nous avons ainsi épinglé la société TransferWise. Lancée par les concepteurs de Skype, cette plateforme offre un système de transfert d’argent (avec change de devises) à coûts réduits. Lancée à partir du Royaume-Uni, cette initiative entend se répandre en Europe. Ils mentionnent sur leur site l’avantage lié aux coûts des transactions lors des transferts internationaux. Dans le même registre, la plateforme Kantox permet aux entreprises de faire des échanges de devises entre elles sans passer par la banque.

  • La gestion : les robots-conseils

La technologie investit aussi le monde de la gestion. Aux Etats-Unis, on voit apparaître des robots qui assurent la gestion de petits portefeuilles : on parle de robots-conseils. Une offre de Vanguard, de Betterment ou de Wealthfront aux Etats-Unis, de Nutmeg en Grande-Bretagne et de meDirect en Belgique et aux Pays-Bas permet d’obtenir une gestion discrétionnaire avec un portefeuille de taille modeste (10.000 euros chez meDirect), avec des coûts nettement moindres que ceux pratiqués par les gestionnaires et une grande transparence. Ce genre d’offre va permettre à des acteurs d’acquérir une nouvelle clientèle en gestion et de servir une clientèle qui est déjà desservie auprès des acteurs traditionnels.

Et si demain, nous n’avions plus besoin de la banque pour :

  • payer
  • avoir un compte
  • transférer de l’argent à l’étranger
  • pour prêter ou emprunter
  • pour avoir un conseiller en placement ?

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