Le Neuvième Art aux enchères

HUGO PRATT Corto Maltese. Les Ethiopiques Vente Artcurial, 22 novembre 2014. Estimation  100.000 – 150.000 euros Vendu 391.840 euros © ARTCURIAL

HUGO PRATT
Corto Maltese. Les Ethiopiques
Vente Artcurial, 22 novembre 2014.
Estimation  100.000 – 150.000 euros
Vendu 391.840 euros
© ARTCURIAL

Par Puilaetco Dewaay Private Bankers

Depuis quelques années, le Neuvième Art tient une place de choix dans le monde des ventes aux enchères et les prix atteints par certains créateurs montrent bien la vitalité de ce marché qui n’a de cesse de s’étendre et de se consolider. Aussi, si l’on parle de sommes importantes pour certaines planches, on reste éloigné des prix réalisés par l’art contemporain.

Le marché de la bande dessinée est un marché de connaisseurs passionnés. Ses collectionneurs appartiennent à une génération qui a grandi avec les héros des albums qu’ils ont lus dans leur enfance et leur adolescence, et l’aspect nostalgie n’est pas très éloigné de leur engouement. Aujourd’hui, les premières collections, constituées dans les années ’70 et ’80, arrivent sur le marché et les pièces importantes entrent dans de plus jeunes collections, sans intention d’en sortir rapidement. En effet, s’il y a beaucoup de dessins dans cette catégorie d’art, les pièces majeures sont peu nombreuses, jalousement gardées et on peut dès lors penser que l’effet bulle restera à distance.

En Europe, c’est avant tout un marché francophone, présent surtout en Belgique, en France et en Suisse. Les Pays-Bas sont également de la partie, bénéficiant des albums traduits en néerlandais.

C’est à la maison française Artcurial que revient la première place du marché. Celle-ci organise des ventes dédiées à la bande dessinée depuis 2005 et en est le leader mondial. En avril 2014, elle a pulvérisé le record pour une vente aux enchères dans cette spécialité avec un montant total de 7,3 millions d’euros échangés sur deux jours.

Les maisons internationales se sont aussi mises au Neuvième Art et ont donné une visibilité encore plus grande à ce marché. Sotheby’s avait déjà tenté l’expérience en 2012 mais la vente avait été décevante, n’atteignant que 600.000 euros et se soldant par beaucoup d’invendus. Néanmoins, en mars de cette année, les planches et les dessins rassemblés ont réalisé plus de 3,8 millions d’euros, se rapprochant ainsi du très beau résultat obtenu par Christie’s pour sa première vente en avril 2014.

Pour chacune de ces ventes, un catalogue de grande qualité et très bien documenté est publié. On y trouve des dessins originaux, des couvertures d’albums, des planches, des crayonnés, des albums, des illustrations et également des objets. Il y a les auteurs classiques tels Hergé, Uderzo, Franquin, … et les plus contemporains comme Moebius, Tardi, Pratt, Schuiten, Sfar…

Tintin est la star du marché. Il faut dire que le plus célèbre des reporters, est connu de plusieurs générations de lecteurs et qu’il reste aujourd’hui encore très moderne. Ainsi, après avoir établi un record en 2012 pour la couverture des aventures de « Tintin en Amérique », adjugé à 1,3 million d’euros, Artcurial a vendu le dessin original de la double page de garde qui allait figurer dans les albums de Tintin de 1937 à 1958, estimée entre 700.000 à 900 .000 euros pour un montant de 2,519 millions d ‘euros, hissant la cote d’Hergé au rang de celle des grands artistes du XXème siècle.

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Une réponse à Le Neuvième Art aux enchères

  1. Jacques dit :

    Les montants de ces ventes sont impressionnants et démontrent que certains auteurs de bande dessinée sont réellement des artistes, au même titre que ceux qui font de l’art contemporain par exemple. Il est du coup compliqué pour un particulier lambda de s’offrir de telles planches, à moins de se tourner vers un crédit évidemment…

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