The only way is up?

Photo102Par Wim Vermeir – Chief Investment Officer d’AG Insurance

Ces derniers jours, les marchés des actions ne cessent de tutoyer les sommets. L’ambiance est même euphorique en Europe : depuis la fin 2014, l’indice Bel20 s’est apprécié de 15 %. Le Dax allemand, quant à lui, a progressé de 24 % sur la même période. Au niveau des petites actions, les hausses de 30, voire 40 % ne sont pas rares. Pour une fois, les investisseurs américains sont plus modérés : l’indice Dow Jones est ainsi au même niveau que fin 2014.

Cette tendance à la hausse sur les marchés boursiers européens se justifie par plusieurs facteurs. Tout d’abord, ils sont restés pendant plusieurs années à la traîne contrairement aux marchés américains. Les investisseurs estiment que c’est le bon moment pour investir en actions européennes. L’économie européenne reprend quelques couleurs et plusieurs signaux montrent qu’une relance est proche. L’assouplissement quantitatif de la Banque Centrale Européenne a également joué un rôle important sur le marché des actions. Notons que les entreprises européennes enregistrent cette année de très belles performances et des beaux bénéfices, pour cette année, on estime une croissance de 13 %.

C’est la première fois depuis plusieurs années déjà que les entreprises européennes vont connaître une progression plus importante que leurs concurrentes américaines.

Enfin, la valorisation n’est pas exagérée : nous sommes encore loin des derniers niveaux d’avertissement.

Bien entendu, il convient tout de même de rester prudents : les actions restent la classe d’actifs la plus volatile et leurs cours sont principalement guidés par les sentiments. Une baisse de 10 %, voire plus importante, reste toujours possible. L’optimisme actuel peut vite s’atténuer : il suffit de penser aux déboires de la Grèce ou à d’autres troubles politiques, voire même à une augmentation plus rapide que prévue des taux américains. Les investisseurs défensifs comme les assureurs craignent ces moments.

Pour l’heure, les actions américaines nous séduisent moins. Leur valorisation a fortement progressé et l’évolution des bénéfices d’entreprises sera moins positive qu’en Europe. D’autre part, la Fed (Federal Reserve, la banque centrale des États-Unis d’Amérique) va vraisemblablement relever les taux d’ici la fin de l’année, ce qui pourrait avoir un impact sur le sentiment vis-à-vis des actions.

Graphique : valorisation des marchés des actions – Rapport cours-bénéfice

 par défaut 2015-03-26 à 17.18.45Nous portons également un intérêt pour les marchés émergents. Au cours des deux dernières années, ces marchés d’actions sont clairement restés en retrait par rapport aux marchés européens et américains. Le ralentissement de la croissance, qui a frappé beaucoup de ces économies émergentes, a créé un doute sur le sentiment des investisseurs. Nous constatons de surcroît que les résultats d’entreprises progressent moins que prévu, notamment en raison de l’impact négatif de l’augmentation des salaires. Enfin, la hausse sensible du dollar US a également un impact négatif puisqu’elle implique une réduction des flux d’argent vers ces pays. Nous faisons preuve d’un optimisme prudent : la valorisation actuelle tient largement compte de tous ces éléments négatifs qui ne surprennent plus personne. Les premiers signes de stabilisation donneront lieu à un beau rendement sur les actions. Dès lors, ces actifs peuvent, dans une proportion limitée en raison de leur volatilité élevée, constituer une solution alternative sensée.

Que font les compagnies d’assurance ?

Malgré le potentiel à long terme des marchés des actions, leur poids reste très limité chez la plupart des assureurs : souvent de 2 à 5 % du portefeuille d’investissements total. On est donc loin de la situation d’il y a une dizaine d’années, quand les actions étaient bien plus représentées dans ces portefeuilles et dépassaient parfois la barre des 20 %. Ce revirement est principalement dû aux exigences très strictes en matière de capital pour les investissements en actions. Pour chaque tranche de 100 euros investie en actions par un assureur, ce dernier est soumis à une exigence de capital de 45 euros. Étant donné le coût assez élevé du capital, les actions sont donc souvent relativement moins attrayantes que des obligations à rendement élevé. Au vu de la réglementation actuelle, un retour à des allocations importantes en actions, comme c’était le cas par le passé, nous semble irréaliste.

Lire aussi le corner assurances

Ce contenu a été publié dans Actualité, Assurances, avec comme mot(s)-clé(s) , , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.