Les « small caps » en pole position pour profiter de la reprise en Europe…

Photo007#2Par J.P. Morgan AM

Ces trois dernières années, on a pu observer, que les petites capitalisations européennes (small caps) ont largement surperformé les grosses capitalisations, et cette tendance s’est encore renforcée en 2015 puisqu’ à la fin du mois d’octobre, l’indice MSCI Europe Small Cap affichait une performance de +17,11% contre +7,51% pour l’indice MSCI Europe. Malgré ces bonnes performances, une volatilité relativement importante et des valorisations légèrement supérieures aux moyennes historiques, les small caps devraient continuer à surperformer le marché dans les prochains mois car celles-ci sont les mieux placées pour profiter de la reprise économique en Europe.

Depuis le début de l’année, la croissance économique en Europe s’accélère en effet grâce à la baisse de l’euro qui dope nos exportations mais surtout grâce à la vigueur de la demande domestique, qui a surpris nombre d’économistes. La baisse des prix pétroliers et du taux de chômage, retombé à 10,8% au mois de septembre, soutient en effet la consommation des ménages puisque les ventes au détail ont progressé de 2,6% sur an au mois d’août, tandis que, malgré les déboires de Volkswagen, on a enregistré quelque 800.000 nouveaux véhicules au mois de septembre. En outre, les ménages profitent de conditions de financement favorables puisque les taux demeurent bas et que les prêts bancaires aux ménages ont progressé de 1,2% sur un an au mois de septembre et ce principalement pour des prêts hypothécaires comme le rapporte une banque sur trois. Ainsi, malgré un contexte international fébrile, caractérisé par une croissance anémique du commerce mondial et un ralentissement de la croissance dans nombre de pays émergents, on peut estimer que la reprise économique européenne repose sur des bases solides et qu’elle devrait vraisemblablement se poursuivre au cours des prochains trimestres. Les indicateurs de confiance illustrent d’ailleurs que les Européens semblent peu concernés par le contexte international, puisque les indicateurs de sentiment économique et le PMI composite en zone euro sont remontés à respectivement 107,5 et 54 au mois d’octobre, soit leurs plus hauts niveaux depuis 4 ans.

Cette embellie conjoncturelle se reflète déjà dans les résultats d’entreprises européennes, qui ont affiché une croissance à deux chiffres de leurs bénéfices par action au deuxième trimestre, et si les grandes entreprises, opérant et exportant mondialement, sont concernées par la fébrilité du contexte international c’est moins le cas pour les small caps qui dépendent davantage du contexte local et donc de la demande domestique. On observe ainsi sur le graphique de gauche que la surperformance des small caps est fortement corrélée avec l’évolution des indicateurs PMI de la zone euro, ce qui est de bon augure pour les prochains mois. Les small caps européennes bénéficient en outre d’un accès plus facile et moins couteux au crédit puisque les taux pour des prêts de moins d’un million d’euros sur une période de 5 ans, sont passés de 6% en moyenne en 2008 à moins de 4% maintenant, ce qui se traduit par une hausse de la demande de crédit pour 16% de banques interrogées dans le cadre du Bank Lending Survey de la BCE. Malgré ces chiffres encourageants, il est vrai que la capacité des banques à prêter aux petites entreprises demeure contrainte par la régulation bancaire mais la situation devrait s’améliorer dans les prochains mois car tant la Commission Européenne que la BCE tentent de ressusciter et de mieux réguler le marché des Asset Backed Securities, ce qui devrait permettre aux banques de prêter davantage aux petites entreprises sans alourdir leur bilan.

Malgré cet environnement favorable aux small caps, les investisseurs hésitent encore souvent à les intégrer dans leur portefeuille car celles-ci sont perçues comme plus risquées, en raison de leur plus grande volatilité, et comme relativement chères. Or, s’il est vrai que les small caps se traitent actuellement à des niveaux supérieurs à leur moyenne historique[1], il n’en demeure pas moins que leur rendement corrigé par le risque est plus attractif que celui des grandes et moyennes capitalisations et ce même sur des horizons d’investissement très courts[2]. Pour toutes ces raisons, il nous semble opportun de rappeler qu’intégrer des petites capitalisations dans son portefeuille est d’une part, une démarche utile pour l’économie, puisqu’elle soutient le financement des petites entreprises, qui génèrent deux tiers des emplois en Europe, mais également une stratégie d’investissement rémunératrice et ce particulièrement dans le contexte actuel.

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[1] Comme l’illustre le graphique en bas à droite

[2] Comme l’illustre le graphique en haut à droite

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