La Revue : Faut-il encore mettre l’Asie en portefeuille ?

Source de l'illustration: Pexels

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Les récents événements intervenus sur la bourse chinoise interpellent les investisseurs. Les pays émergents sont-ils encore fiables ? Peut-on encore investir en Asie ? Il semblerait que malgré la forte baisse du marché chinois et, en-dehors de ce marché, les valeurs asiatiques restent encore très attractives. Certains pays comme l’Inde, l’Indonésie ou la Thaïlande ont enclenché des réformes qui portent leurs fruits. Ces pays offrent des opportunités d’investissement et les perspectives à long terme y sont toujours intéressantes.

Dans quel environnement évoluent ces valeurs ? « Nous sommes dans un environnement qui combine à la fois trop de dettes, trop peu de croissance et des taux d’intérêts excessivement bas dans les pays développés. Avec une forte hausse, le marché chinois a par ailleurs démontré une divergence par rapport aux fondamentaux économiques de ce pays », estime Pruksa Lamthongthong, Senior Investment Manager chez Aberdeen Asset Management. Cette gestionnaire fait remarquer que les choses ont été trop vite en Chine. Le nombre de comptes titres a explosé entre mars et mai 2015. Il y aurait plus de personnes disposant d’un compte de trading que de partisans inscrits au parti communiste ! Les valeurs chinoises sont extrêmement volatiles et les récents événements nous ont démontré que des décrochages importants peuvent survenir.

Cependant, en-dehors de la Chine, les entreprises asiatiques bénéficient de plusieurs atouts. Elles tirent profit de la baisse des prix pétroliers car ces pays sont des importateurs nets d’énergie. La chute de ces prix a permis à certains états l’arrêt des subsides sur les produits pétroliers. Les réformes politiques dans certains pays commencent à dégager des effets positifs. En Inde, le duo dynamique formé par Narendra Modi, le président et Raghuram Rajan, le gouverneur de la banque centrale, a permis de réduire l’inflation et d’améliorer la prime de risque de ce pays. L’impact de ces réformes devient visible. Le président indien bénéficie de la majorité et le gouverneur de la banque centrale a une crédibilité bien établie. En Indonésie, les réformes ont aussi été entamées. Les subsides sur les produits pétroliers ont été abandonnés et des programmes de sécurité sociale, de santé et d’éducation ont été lancés. La Thaïlande se distingue quant à elle par un marché très résilient. Les entreprises de ce pays ont des bilans solides et sont profitables.

Aujourd’hui, les valeurs asiatiques sont relativement bon marché par rapport à d’autres places financières. « Nous ne sommes bien sûr pas immunisés contre une crise mais la tendance à long terme est bien orientée, correcte et intacte. Dans ces pays, la croissance est encore soutenue par rapport aux pays développés », note encore Pruksa Lamthongthong. Cette gestionnaire avoue privilégier les financières qui sont sur-pondérées dans le portefeuille. Les valeurs industrielles sont également sur-pondérées de même que les valeurs de consommation courante et les télécoms. Sans surprise, la Chine est sous-pondérée et les sociétés basées à Hong-Kong sont préférées aux sociétés continentales. La qualité des sociétés chinoises reste maigre dans un marché qui ne reflète pas la réalité de l’économie.

Les valeurs asiatiques ont donc leur place dans les portefeuilles mais à titre de diversification, dans une optique à long terme et avec une sélection rigoureuse et professionnelle des valeurs.

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