La Revue : Mais arrêtons d’être pessimistes !

bourse-Nyse-22-150x150Les Cassandre qui nous prédisent tantôt l’inflation, qui agitent ensuite le spectre le la déflation et prédisent depuis des années l’implosion de l’euro ou nous menacent encore de grands mouvements de contestation sociale sont invitées à revoir leur copie. « Le consensus actuel sur la croissance économique dans la zone euro en 2015 est trop pessimiste », estime Anna Stupnytska, Global Economist chez Fidelity Worldwide Investment. Il est vrai qu’en février, les marchés boursiers se sont très bien comportés, le S&P 500 aux Etats-Unis et le Dax en Allemagne ont ainsi atteint de nouveaux records historiques.

Quels sont les éléments favorables en ce printemps 2015 ? Le gouvernement grec a obtenu un accord avec le reste de la zone euro et Mario Draghi mène le paquebot monétaire de main de maître. « La reprise économique dans la zone euro s’étend à travers les pays et les secteurs, maintenant que la BCE a commencé son programme de quantitative easing (QE», souligne Anna Stupnytska. Les pays périphériques de la zone euro relèvent la tête hors de l’eau. Les rendements obligataires de ces pays ont bénéficié de l’accord entre le nouveau gouvernement grec et le conseil des ministres des finances sur la prolongation du programme de soutien de la Grèce.

Les récentes statistiques européennes ont favorablement surpris les observateurs avertis. La tendance haussière du dollar devrait se maintenir. « La forte chute de la monnaie européenne depuis mai 2014 plaide en faveur de la poursuite d’une phase de stabilisation du cours de change euro/dollar dans les prochaines semaines », estime-t-on à la Banque de Luxembourg. Un autre élément favorable vient conforter la situation de l’Europe : la baisse des prix du pétrole. « En Europe, la force du dollar constitue, à côté des coûts énergétiques plus faibles, le principal soutien conjoncturel », note Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg.

La reprise conjoncturelle en Europe est donc soutenue par trois éléments favorables : la politique monétaire, la baisse des prix de l’énergie et la faiblesse de l’euro. La croissance devrait être plus forte que prévue. Les taux de croissance attendus ont été revus à la hausse : de 0,5% ou 0,8% de prévision, on est passé à 1,5% pour l’Europe en 2015.  « La confiance revient, le taux de chômage s’améliore et les entreprises engrangent des bénéfices en hausse de 10%, voire parfois plus. Ce sont de bonnes nouvelles », estime Naïm Abou-Jaoudé, Chairman of the executive commitee de Candriam.

Etre optimistes ne signifie cependant pas être béats. Les risques existent, dont, par exemple, les risques géopolitiques. Malgré la trêve signée à Minsk entre l’Ukraine et les séparatistes pro-russes, le conflit ukrainien reste un risque omniprésent. En effet, il entraîne la récession en Russie et a aussi un impact sur les économies au niveau mondial en raison des éventuelles sanctions économiques contre la Russie.

Bon nombre d’éléments plaident en faveur d’un redressement en Europe. Il ne faut donc pas se priver d’un certain optimisme. Cependant, s’il n’est pas de mise de fondre dans un pessimisme profond, il convient de rester vigilant. La reprise est là mais doit encore se confirmer.

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