Période de turbulences

IMG_1278Par Wim Vermeir, AG Insurance

Ces deux derniers mois, les marchés d’actions ont traversé une période mouvementée. Deux éléments expliquent la plongée des cours : la décision de la Fed de ne pas revoir à la hausse le taux d’intérêt aux États-Unis et le scandale du diesel chez Volkswagen.

La Fed maintient le statu quo

Après plusieurs mois de spéculations, la Fed a surpris plus d’un analyste en s’abstenant de revoir à la hausse son taux de référence. Depuis le printemps, les marchés avaient acquis la quasi-certitude qu’une hausse de taux interviendrait en septembre, étant donné la reprise déjà significative de l’économie américaine et la baisse du taux de chômage à 5,1 %, ce qui a toujours déclenché une hausse de taux d’intérêt par le passé. Mais cette fois, la Fed a fait exception à la règle. Sa présidente Janet Yellen a motivé cette décision en invoquant la position forte du dollar et les complications que cela entraîne pour la compétitivité des entreprises américaines. Si l’on compare avec les principaux partenaires commerciaux des États-Unis, le billet vert s’est déjà apprécié de 8 %, une tendance qui pourrait se prolonger lorsque le taux repartira à la hausse aux États-Unis.

par défaut 2015-10-12 à 08.58.39Un autre élément avancé porte sur les caractéristiques intrinsèques fortes du marché du travail. Bien que le taux de chômage soit particulièrement bas, on constate qu’un grand nombre de personnes travaillent uniquement à temps partiel et aimeraient décrocher un emploi à temps plein. Cette réalité démontre que le marché n’est intrinsèquement pas aussi solide qu’on pourrait l’imaginer à première vue et que les éventuelles augmentations salariales ne seraient que très modestes. Ce qui est donc un point négatif pour la consommation.

Enfin, Janet Yellen a également évoqué le ralentissement de la croissance mondiale, et plus particulièrement de la Chine et d’autres marchés de croissance. La libéralisation progressive de l’économie chinoise va de paire avec la volatilité qui s’impose, ce qui entraine un regain de nervosité tant dans le camp des investisseurs que des banques centrales.

Les marchés d’actions ont réagi de manière clairement négative à cette décision : la motivation invoquée fait craindre que la reprise économique soit en réalité plus fragile qu’attendue. La Fed avait espéré rassurer les investisseurs en imposant un statu quo, mais elle s’est manifestement trompée. Sa présidente a rapidement réagi en précisant que la plupart des membres de la Réserve fédérale souhaitaient procéder à une hausse de taux cette année encore, en octobre ou en décembre. Les marchés ont donc à nouveau pu spéculer sur le moment où cette hausse interviendra concrètement…

Pour ajouter à la nervosité déjà palpable, Volkswagen a annoncé avoir triché avec la réglementation sur les moteurs diesel depuis plusieurs années. Tout le monde sait depuis longtemps que la consommation de carburant et les émissions de CO2 telles qu’affichées dans un environnement de laboratoire sont sous-estimées, mais Volkswagen a largement dépassé les limites de la fraude d’entreprise en plaçant délibérément des logiciels qui manipulent les résultats des tests. Le ‘dieselgate’ a conduit à une correction significative du secteur de l’automobile.

Une évaluation intéressante

par défaut 2015-10-12 à 08.58.29Après la correction intervenue sur les marchés d’actions, l’évaluation des actions européennes retrouve de son intérêt. L’évaluation est repassée sous la moyenne à long terme. Une évaluation relativement peu élevée associée à des bénéfices d’exploitation intéressants – les profits ont augmenté de 15 % lors du dernier trimestre – nous donne une vision positive des actions à moyen terme. Nous considérons donc la correction actuelle comme une opportunité d’achat.

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