Les marchés financiers reflètent de moins en moins les réalités économiques

par défaut 2014-09-24 à 18.21.04Par Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg

La baisse des marchés boursiers en juin illustre à quel point les marchés financiers deviennent de plus en plus tributaires des décisions politiques alors qu’ils reflètent de moins en moins les réalités économiques.

L’absence d’un accord entre la Grèce et ses créanciers a pesé sur les marchés boursiers en juin. Le S&P 500 aux Etats-Unis, le Stoxx 600 en Europe, le Topix au Japon et le MSCI Emerging Markets ont tous baissé. Cette baisse illustre à quel point les marchés financiers deviennent de plus en plus tributaires de décisions politiques alors qu’ils reflètent de moins en moins les réalités économiques. Tant que des stratégies de chantage comme celles observées dans les négociations entre la Grèce et ses créanciers ne conduisent pas à une déstabilisation généralisée du système financier, les actions devraient garder la faveur des investisseurs en raison de l’absence de perspectives d’une augmentation des rendements sur les marchés monétaires et obligataires.

La conjoncture mondiale évolue peu

La conjoncture mondiale évolue peu, n’affichant ni de signes majeurs d’accélération ni de ralentissement. Aux Etats-Unis, l’activité se normalise après la faiblesse de début d’année. En Europe, l’activité conjoncturelle s’améliore légèrement en raison de la faiblesse de l’euro sans pour autant afficher une reprise significative. Au Japon, l’économie continue à faire du surplace. Dans les pays émergents, la faiblesse se poursuit dans plusieurs économies majeures, comme la Chine, le Brésil et la Russie.

Le taux d’inflation de la zone euro devrait rester positif dans les mois à venir

Suite à la stabilisation des prix pétroliers, les taux d’inflation consolident à de faibles niveaux. Aux Etats-Unis, l’inflation est passée de -0,2 % en avril à 0 % en mai. Dans la zone euro, le taux d’inflation reste en territoire positif, s’établissant à +0,2 % en juin par rapport à +0,3 % en mai. En l’absence d’une rechute des prix pétroliers, le taux d’inflation de la zone euro devrait rester positif dans les mois à venir.

Les taux longs des pays cœur de la zone euro restent à des niveaux peu attrayants

En juin, le mouvement de hausse des taux longs entamé fin avril s’est poursuivi. La remontée des rendements obligataires touchait davantage la périphérie que les pays cœur de la zone euro en raison du sort incertain de la Grèce. Sur l’ensemble du mois, le taux de l’emprunt d’Etat à 10 ans a augmenté en Allemagne, en Italie, en Espagne et aux Etats-Unis. Malgré leur remontée, les taux longs des pays cœur de la zone euro restent à des niveaux peu attrayants. Les obligations d’Etat américaines demeurent la seule alternative valable dans les pays industrialisés, étant donné qu’elles disposent encore d’un potentiel d’appréciation si les pressions déflationnistes reprennent le dessus.

Une sortie éventuelle de la Grèce de la zone euro n’inquiète plus les marchés

Malgré les incertitudes grecques, l’euro s’est légèrement raffermi en juin. Une sortie éventuelle de la Grèce de la zone euro ne semble plus inquiéter les marchés outre mesure, étant donné que le risque de contagion aux autres pays périphériques est faible. Malgré la stabilisation récente de l’euro, la tendance haussière du dollar entamée en mai 2014 devrait se poursuivre aussi longtemps qu’une hausse des taux américains au cours de la deuxième moitié de l’année restera le scénario le plus probable.

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