L’économie mondiale risque d’entamer une phase de ralentissement

par défaut 2014-09-24 à 18.21.04Par Guy Wagner, Chief Investment Officer, Banque de Luxembourg

Malgré la politique de taux zéro des principales banques centrales et la faiblesse des prix pétroliers, l’économie mondiale risque d’entamer une phase de ralentissement. Aux Etats-Unis, la progression du PIB au 4ème trimestre 2014 était portée par la consommation domestique alors que les investissements et les exportations affichaient des signes de faiblesse.

En dehors des Etats-Unis, l’activité conjoncturelle reste fragile dans la plupart des régions. En Europe et au Japon, la légère amélioration récente des principaux indicateurs économiques ne pointe pas vers une reprise significative compte tenu de la faiblesse des bases de comparaison. En Chine, le ralentissement de la croissance conjoncturelle semble se poursuivre et pourrait déclencher des mesures de soutien de la part des autorités publiques dans les semaines à venir.

Les obligations d’Etat continuent à surprendre par des performances remarquables

L’annonce du vaste programme d’assouplissement monétaire quantitatif de la Banque centrale européenne (BCE) a entraîné la poursuite du recul des taux longs malgré leurs niveaux déjà extrêmement bas. Dans la zone euro, le rendement de l’emprunt d’Etat à 10 ans a baissé en Allemagne, en Italie et en Espagne. Aux Etats-Unis, les rendements obligataires ont également baissé. Malgré le niveau dérisoire des taux longs, les obligations d’Etat continuent à surprendre par des performances remarquables. Un scénario dans lequel les obligations d’Etat peuvent continuer à surprendre favorablement est celui de taux directeurs négatifs introduits à grande échelle par les banques centrales, ce qui ne peut plus être exclu compte tenu des perspectives de ralentissement économique.

Les investisseurs considèrent les actions comme le placement par défaut

En janvier, les évolutions boursières ont été déterminées par les mouvements sur les marchés des changes. Ainsi, la faiblesse de l’euro a permis au Stoxx 600 en Europe de progresser, alors que le Topix au Japon (en yen) et le MSCI Emerging Markets (en USD) ont fait quasiment du surplace et que le S&P 500 aux Etats-Unis (en USD) a même reculé. Compte tenu du recul de l’euro par rapport au dollar et au yen, les placements boursiers ont généré en janvier des résultats particulièrement favorables pour un investisseur européen. Compte tenu de l’environnement de taux zéro, les investisseurs continuent à considérer les actions comme le placement par défaut malgré l’accentuation progressive des pressions déflationnistes illustrée par la course à la dévaluation des monnaies qui prend de plus en plus d’ampleur.

La tendance haussière du dollar devrait rester en place

En janvier, l’euro a fortement reculé par rapport au dollar américain. La raison a été l’annonce du vaste programme d’assouplissement monétaire quantitatif de la BCE. Même si le caractère violent de la hausse du dollar en janvier plaide pour une phase de stabilisation temporaire, la tendance haussière du billet vert devrait rester en place tant que le scénario de remontée des taux d’intérêt aux Etats-Unis ne sera pas remis en question.

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