Volatilité et psychologie de l’investisseur (Partie 2)

source de l'illustration: Pexels

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Par Fidelity

Il est important de se souvenir que tout a une juste valeur sur un marché, qu’il soit haussier ou baissier. Mais les fluctuations psychologiques tendent à être exagérées dans les deux sens, ce qui détache les cours des actions de leur valeur intrinsèque, de leur « juste » valeur (voir graphique).

par défaut 2015-09-02 à 08.50.49Un actif de grande qualité peut devenir trop cher et un mauvais investissement à court terme, tandis qu’un actif de moindre qualité peut se transformer en investissement bon marché et de bonne qualité. Les participants sur le marché fixant effectivement les cours des actifs, c’est leur comportement qui finit par déterminer l’essentiel du risque d’investissement.

Cette déconnexion entre les fondamentaux du monde réel et les émotions sans bornes des investisseurs est critique. L’investisseur audacieux qui est prêt à nager à contre-courant et se montrer plus patient peut tirer avantage de cette situation. Par exemple, la vente systématique d’actions ayant tendance à suivre les mouvements de la volatilité est souvent une opportunité d’acheter des actifs de grande qualité à des prix bien inférieurs à leur juste valeur. Le graphique qui suit montre que les pics de volatilité antérieurs ont été de bons moments d’achat, le marché s’étant rétabli et ayant repris sa tendance haussière. La question pertinente à un tel moment est de savoir si c’est la tendance structurelle à la hausse, ou le marché haussier, qui a causé l’effondrement. Si cette tendance à la hausse est toujours soutenue par des fondamentaux (en dépit de l’alarme qui a déclenché la période de volatilité), c’est le moment d’acheter.

La volatilité s’est accrue… mais ses accès coïncident souvent avec des opportunités d’achat

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Toutefois, acheter à un moment où les autres ont peur exige non seulement une vision à long terme mais aussi un investissement qui va à contre-courant de vos émotions. Dans la pratique, ceux qui font preuve d’autant d’audace sont relativement peu nombreux. La solution pour beaucoup sera plutôt de s’en tenir à investir dans un portefeuille multi-actifs. De même, les économies régulièrement réalisées tout au long du cycle d’investissement durant les périodes de volatilité – connues sous le terme de cost averaging – sont une façon éprouvée de tirer avantage de cette chute des cours. Les deux stratégies éliminent efficacement le besoin de prendre des décisions en période de volatilité et permettent d’éviter le risque de décisions biaisées par l’émotion.

Quelle est alors la part de l’émotion dans les prises de décision ? La théorie qui sous-tend la réponse à cette question est que nous disposons de deux systèmes cognitifs, le Système 1 et le Système 2. Le Système 1 est automatique : il répond le plus vite possible à son environnement, surtout lorsqu’un danger est perçu. Il s’agit de la partie la plus ancienne de notre cerveau en termes d’évolution, qui contrôle la réaction de fuite ou de lutte. Le Système 2 est activé en cas de problème plus complexe nécessitant un calcul et une délibération. Il s’agit en termes d’évolution de la partie la plus récente de notre cerveau.

Le problème est que nous avons tendance en cas de stress et d’incertitude à passer au Système 1, automatique et influencé par l’émotion, plutôt que d’avoir à affronter les difficultés du processus cognitif de délibération de notre Système 2.

Réflexion rapide et lente : la volatilité appelle une réflexion lente et délibérative correspondant au Système 2

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Réflexion rapide : Système 1                                  Réflexion lente : Système 2

Rapide, automatique et émotionnel                Lent, conscient, plus déductif et logique

Option par défaut pour le traitement             Effort délibéré exigé, nous poussant souvent

de l’information à nous en remettre au Système 1

Rapide                                                                  Lent

Intuitif                                                                  Rationnel

Pratique                                                               Logique

Automatique                                                        Déductif

Émotionnel                                                          Structuré

Exemples :                                                                             Exemples :

Détecter de l’hostilité dans la voix de l’autre              Garer sa voiture dans un espace étroit

Juger quel objet est le plus éloigné                                          Multiplier plusieurs nombres

Source : Fidelity Worldwide Investment; Daniel Kahneman « Thinking Fast and Slow »

Il existe deux grands biais comportementaux qui se déclenchent lorsque le marché est sous tension : le comportement moutonnier – le besoin de faire comme les autres, et l’aversion pour les pertes – le désir profondément ancré dans la nature humaine d’éviter les pertes (financières ou émotionnelles). En périodes d’incertitude, lorsque les marchés reculent et que tout le monde se met à vendre, ces deux biais comportementaux peuvent se combiner et avoir un impact émotionnel prononcé sur beaucoup d’investisseurs. Cela aide à expliquer ce qu’il ressort clairement des enquêtes, à savoir que certains investisseurs vendent parce que les cours chutent.

Tout en reconnaissant que la psychologie de l’investisseur peut entraîner des réactions exagérées à court terme, il ne faut pas oublier que sur le plus long terme, les cours des actions sont entraînés par des fondamentaux tels que les bénéfices des entreprises et non par l’humeur des investisseurs. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas laisser la volatilité à court terme anéantir les plans d’investissements à long terme. Durant ces périodes de volatilité, les investisseurs doivent se souvenir que ce sont les biais comportementaux qui s’expriment et qu’ils ne doivent pas devenir ennemis d’eux-mêmes.

« Le plus gros problème de l’investisseur—et même son pire ennemi—est probablement lui-même. »

Benjamin Graham

« Lorsqu’un investisseur se concentre sur des placements à court terme, il observe la variabilité du portefeuille, pas les rendements – en bref, il est aveuglé par le hasard. »

Nassim Nicholas Taleb

« Il s’est perdu plus d’argent dans les tentatives d’anticiper et de se protéger contre les corrections que dans les corrections elles-mêmes. »

Peter Lynch

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