Volatilité et psychologie de l’investisseur (Partie 1)

Source de l'illustration: Pexels

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Par Fidelity

Le risque d’investissement a fait un bond en avant ces dernières semaines avec la sévère réévaluation par les investisseurs de la gravité du ralentissement de la croissance économique en Chine et de son impact sur les autres économies et places boursières.

Mais dans quelle mesure ce pic de volatilité et la correction des cours s’expliquent-ils par les changements radicaux dans les capacités de gain ou la santé financière des titres sur les bourses mondiales ? Et dans quelle mesure la volatilité constatée s’explique-t-elle par l’effet de la psychologie humaine sur les perceptions, réactions et comportements commerciaux des investisseurs eux-mêmes ? Une fois de plus, le rôle de la psychologie de l’investisseur dans la création et l’aggravation de la volatilité sur les marchés semble être une évidence.

Avec le temps, les conditions économiques connaissent toujours des hauts et des bas, la pluie et le beau temps se succèdent continuellement. Toutefois, la psychologie de l’investisseur a généralement tendance à se traduire par des réactions exagérées à ces fluctuations. Le risque sur les marchés boursiers doit normalement refléter la santé et la qualité des actifs des entreprises sous-jacentes et des titres. Par exemple, les obligations sont censées être plus sûres que les actions, et les actions de plus grande qualité de grandes entreprises internationales être moins risquées que celles de start-ups endettées, de moindre qualité. Mais au-delà de ces caractéristiques fondamentales, les changements dans la façon dont les investisseurs perçoivent le risque sont très largement à l’origine des mouvements boursiers.

Il existe heureusement des freins et contrepoids dans le monde réel. La vie économique se poursuit, que la croissance mondiale ralentisse ou accélère. Les gens continueront de manger, d’utiliser les banques, de payer leur loyer, de téléphoner et d’acheter du carburant. Et même si les ventes d’automobiles, de bière, de maisons et de téléphones portables continuent de fluctuer, le pire et le meilleur ont des limites. Dans l’ensemble, les économies progressent et régressent avec beaucoup plus de modération que les marchés boursiers et un recul de 3 % du PIB est par exemple considéré comme un véritable séisme. Les bénéfices des entreprises ont tendance à fluctuer davantage que les PIB mais ces changements sont eux aussi minuscules face à l’amplitude vertigineuse de la volatilité que l’on constate parfois sur les marchés boursiers.

Cela s’explique en partie du fait que les oscillations de la psychologie de l’investisseur ne connaissent ni freins ni contrepoids. Lorsque tout va bien, les investisseurs suppose que tout continuera d’aller de mieux en mieux et la psychologie des marchés flirte avec l’euphorie. Par contre, lorsque la situation semble se détériorer, tout est vu sous un angle négatif et la psychologie des marchés plonge dans l’anxiété et la panique.

Comment les fluctuations de la psychologie des investisseurs éloignent le marché des justes valeurs

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Une dégradation dans une partie du monde peut avoir un effet négatif sur les actions, déclenchant des réactions semblables ailleurs. Nous assistons alors à une réaction en chaîne de mouvements négatifs s’alimentant les uns les autres et toujours accompagnés d’explications pessimistes dans les médias financiers. Mais les explications de la presse ne reconnaissent jamais ce que certaines enquêtes conduites en temps réel sur des crashs boursiers soulignent, à savoir que certains investisseurs vendent uniquement parce que les cours sont en baisse.1

A suivre…

  1. Voir « Investor Behavior in the October 1987 Stock Market Crash: Survey Evidence » par Robert J. Shiller.

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Une réponse à Volatilité et psychologie de l’investisseur (Partie 1)

  1. Ivan Keuller dit :

    Je suis frappé par le fait suivant : de manière générale, la presse utilise le terme « investisseur » alors qu’il devrait utiliser celui de « marché ». Un investisseur est en effet quelqu’un qui prend des decisions en visant le long terme. Les autres acteurs du marché visent soit le court, soit le moyen terme.

    La finance comportementale est très intéressante, mais de qui parle t’elle réellement?

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