Les traders à haute fréquence reconnus enfin coupables !

IMG_1060Les traders à haute fréquence mettent en place des stratégies prédatrices en profitant des avantages qu’ils ont en matière d’accès à l’information. Ils peuvent ainsi traiter des opérations avant les autres en bénéficiant d’une information rapide et sur plusieurs places boursières désormais décentralisées. Ils pratiquent le « spoofing », une technique qui consiste à passer un grand nombre d’ordres et puis à les annuler rapidement pour pousser les autres intervenants à acheter au-dessus ou à vendre en-dessous du prix du marché. Ces opérations sont basées sur des algorithmes. Cette technique a été bannie par la loi américaine Dodd-Franck en 2010. Il est cependant très difficile de la déceler sur les marchés et de la distinguer du trading normal.

Difficile mais pas impossible ! Et quand ces traders se font surprendre la note peut être salée. Le Financial Times rapporte qu’un tribunal de Chicago vient de reconnaître un trader coupable d’avoir floué des courtiers en inondant de petits ordres les marchés des matières premières (or, maïs, soja, pétrole mais aussi les devises) avec l’intention de les annuler rapidement. Ce trader pourrait encourir une peine de 25 ans de prison assortie d’une amende de 25.000 dollars sur chacun des six comptes où ont eu lieu les fraudes sur matières premières. Le juge doit prononcer sa sentence en mars 2016. Cette culpabilité reconnue devrait alerter les traders à haute fréquence américains mais aussi britanniques. Ce verdict pourrait être un outil efficace pour veiller à l’intégrité des marchés et pour la protection des investisseurs et des traders « normaux ».

En France aussi, selon le quotidien Les Echos, le régulateur vient d’épingler une société de trading à haute fréquence en l’accusant d’avoir manipulé le CAC 40. « L’autorité des marchés financiers (AMF) a décidé de frapper fort contre le trading haute fréquence (THF), le trading ultra rapide fonctionnant à l’aide d’algorithmes. Elle a requis une amende d’au moins 5 millions d’euros contre Virtu, une des principales firmes américaines de THF », relate Les Echos. Les faits se seraient déroulés en 2009 sur les actions de 27 groupes du CAC 40. Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps pour qu’une action soit intentée ? Les opérations de trading à haute fréquence sont très complexes et donc difficiles à détecter. Cela prend aussi du temps de les analyser et de les traiter. A noter encore, que l’AMF épingle par la même occasion Euronext « d’avoir manqué à ses obligations de neutralité et impartialité à l’égard des autres intervenants, et lui réclame en conséquence 4 millions d’euros ». N’oublions pas qu’Euronext vit de la liquidité des marchés : plus il y a d’opérations d’achats et de ventes, plus importantes sont les commissions que ce marché encaisse. Les traders à haute fréquence, comme les places boursières, bénéficient pleinement de la forte volatilité des marchés. Il était temps que la justice et les régulateurs mettent de l’ordre dans ces pratiques et ce manque de transparence qui desservent les investisseurs particuliers.

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